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31 mars 2014

L’Europe face à son indépendance énergétique

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Depuis plusieurs mois, les 11 CEO du Groupe Magritte* tirent la sonnette d’alarme sur l’impact des dysfonctionnements et les incohérences de la politique énergétique européenne depuis 2008. En parallèle à ces protestations, commence aussi à se dessiner un renouvellement stratégique qui ne peut qu’inquiéter, à terme, quant à ses conséquences sur la sécurité de l’approvisionnement en électricité de l’UE des 28, qui a pris tout son relief avec la crise de l’Ukraine, lors du dernier conseil européen consacré à l’énergie.

Si certains doutent encore de la situation de crise du secteur de l’énergie en Europe, les chiffres sont, eux, sans appel : les « utilities » auront, en 2013, déprécié leurs actifs de plus de 21 Mds €, et fermé plus de 21 GW de CCGT en une seule année. Un examen attentif des grandes lignes de la stratégie annoncée par 4 des membres les plus importants du Groupe Magritte révèle par ailleurs une réorientation qui ne sera pas sans conséquence pour la production d’électricité dans son ensemble.

Un gouffre économique

Qu’il s’agisse de GDF SUEZ, des allemands RWE ou E.ON, ou bien encore de l’italien ENEL, tous ont en commun des dépréciations d’actifs record sur les deux ou trois dernières années, avec jusqu’à près de 15 Mds€ rien que pour le groupe français. Pour leur part, en 2013, RWE a enregistré sa première perte depuis 1954, tandis qu’E.ON et ENEL ont vu leur chiffre d’affaires baisser respectivement de 7% et 5%. Pour tous, la rentabilité des capitaux est une vraie préoccupation.

Des politiques énergétiques mal calées et anti-climatiques

Les incohérences et les dysfonctionnements engendrés par l’empilement d’objectifs du Paquet Energie-Climat de 2008, amplifiés par les politiques énergétiques nationales, ont donc conduit à une situation très grave non seulement sur le plan économique mais aussi sur le plan climatique et pour l’équilibre du système électrique. Les causes en sont aujourd’hui clairement identifiées. Par exemple, la fermeture prématurée du nucléaire allemand, le développement massif et non maîtrisé des énergies renouvelables en Allemagne, le prix très bas du carbone ont rendu plus du tiers des installations thermiques fonctionnant au gaz de RWE non rentables compte tenu du prix défiant toute concurrence du charbon qui, du coup, est devenu l’énergie de base en Allemagne : un comble dans une stratégie de transition énergétique supposée réduire les émissions de CO2 ! Or, produire un TWh avec du charbon conduit à émettre 800 000 tonnes de CO2 et 30 000 tonnes de cendres, tandis que produire un 1 TWh avec du gaz ne génère que 400 000 tonnes de CO2 et pas de poussières. L’Energiewende a donc conduit à une dégradation de la performance climatique de l’Allemagne.

La débâcle de l’ETS a également pour conséquence de rendre le CCS inaccessible. Pour qu’il devienne rentable pour les CCGT face, là encore, aux centrales au charbon, il faudrait que le prix du carbone soit au moins multiplié par 10.

Un système électrique en danger

Même au niveau du gaz, les difficultés sont tangibles avec le stockage également en crise, et un marché européen qui n’apparaît plus comme une zone géographique attractive, face à l’Asie du Sud-Est, voire même face à l’Afrique.Toutes les grandes « utilities » tentent ainsi de convaincre Bruxelles de changer de cap pour éviter une véritable Bérézina du marché de l’électricité européen.Car, au final, c’est bien la sécurité du système électrique européen qui est en cause et la question de l’indépendance énergétique de l’Europe qui est posée, comme l’a révélé le dernier Conseil européen de mars. En effet, la fermeture accélérée des équipements thermiques des grandes « utilities » européennes, face à un gouffre économique insurmontable, la réservation de la grosse masse des investissements industriels pour les zones hors Union Européenne sont autant de signaux inquiétants d’un mouvement de désengagement des grands acteurs dans la production d’électricité, alors même que la crise de l’Ukraine a fait rejaillir la question de la sécurité d’approvisionnement en gaz de l’est de l’Europe. Une réflexion de fond de l’Europe, qui doit être encore plus solidaire, s’impose. L’UFE se félicite que le Conseil européen l’ait engagée activement !

*Rappel des membres de Magritte : GdfSuez, E.On, RWE, Enel, CEZ, ENI, Gas Natural Fenosa, Fortum, Gas Terra, Iberdrola, OMV

Présentation de l’UFE

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