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23 novembre 2021

L’affolement lié à la hausse des prix de l’électricité – remettons les choses à plat

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S’il est un sujet largement débattu depuis la rentrée, c’est bien celui de la hausse des prix de l’énergie. Que ce soient les prix du gaz, de l’essence ou de l’électricité, tous se sont envolés en Europe au cours des derniers mois. Le prix spot de l’électricité, qui était de 32€/MWh en moyenne en 2020[1] a ainsi atteint près de 400€/MWh le 7 octobre.

Une hausse généralisée des prix de l’énergie en Europe

Cette augmentation est imputable pour près de 70 % à la forte hausse des prix du gaz et dans une moindre mesure à celle des prix du CO2.

D’importantes difficultés d’approvisionnement en gaz en Europe se sont en effet faites jour. Elles s’expliquent par une reprise de l’activité économique suite à la pandémie, une augmentation de la demande de gaz naturel liquéfié en Asie en raison d’une transition progressive du charbon vers le gaz, des importations de Russie et de Norvège insuffisantes, et un hiver et un printemps froids qui ont stimulé la consommation de gaz et diminué les stocks.

L’augmentation du prix du CO2 s’explique notamment par la publication cet été par la Commission européenne des textes du paquet « Fit for 55 » qui prévoient un relèvement de l’objectif de réduction des émissions de GES de 55 % d’ici 2030. Anticipant les conséquences de ce relèvement, le prix du CO2 a ainsi doublé par rapport à sa valeur de début d’année pour atteindre 65 € la tonne en septembre 2021.

La hausse des prix de l’électricité actuelle ne résulte pas d’un dysfonctionnement des marchés européens de l’électricité

Les marchés européens permettent de garantir à tout instant l’équilibre entre l’offre et la demande d’électricité au meilleur coût en mobilisant, à l’échelle de l’Europe, les moyens de production selon l’ordre de préséance économique (dit merit order), en les classant du coût marginal le plus faible au plus élevé. A l’heure actuelle, les dernières centrales appelées pour satisfaire cet équilibre fonctionnent au gaz ou au charbon et ce sont elles qui influencent les prix de l’électricité à la hausse.

Par ailleurs, les marchés européens permettent de valoriser l’électricité décarbonée exportée par la France vers les pays voisins, améliorant ainsi sa balance commerciale.

Les consommateurs français, ménages comme entreprises, mieux protégés de la volatilité des prix

Les consommateurs français sont globalement moins touchés par la hausse des prix de l’électricité que leurs homologues européens. Quelle que soit l’offre de fourniture qu’ils ont souscrit – offre à prix fixe pluriannuelle, tarif réglementé de vente ou offre indexée, etc. – iIs bénéficient en effet, par l’intermédiaire de leur fournisseur, d’un accès régulé à l’électricité nucléaire historique (ARENH) qui leur transmet la compétitivité du parc nucléaire. Malgré l’atteinte du plafond légal de 100 TWh, ce dispositif continue de jouer un rôle d’amortisseur pour environ 55 % de la consommation, achetée à 42 €/MWh.

S’agissant spécifiquement des ménages et des petits professionnels qui ont souscrit le tarif réglementé de vente, l’augmentation pourrait atteindre 15 % TTC pour 2022, sur la base des prix de marché actuels. En effet, la Commission de régulation de l’énergie, qui propose au gouvernement les évolutions de ces tarifs, doit y répercuter les variations de prix constatées sur les marchés à la partie de la consommation qui n’est pas approvisionnée par l’ARENH afin de préserver leur compatibilité avec le droit européen de la concurrence.

Les réponses européennes et françaises

La hausse des prix de l’énergie s’est accompagnée d’un appel de plusieurs États-membres à mettre en œuvre des mesures pour pallier ses effets immédiats auquel la Commission européenne a répondu le 13 octobre avec une boîte à outils[2] composée d’instruments d’action et de soutien. En France, deux mesures compatibles avec cette boîte à outils ont été mises en place : le relèvement de 100 euros du chèque énergie pour les ménages les plus précaires ainsi qu’une baisse de la taxe intérieure sur la consommation finale d’électricité[3] (TICFE) permettant de limiter la hausse du tarif à 4 % TTC en 2022.

Des mesures à moyen terme seront toutefois nécessaires pour protéger les consommateurs dans la durée, telles que :

  1. Consommer moins : promouvoir davantage la sobriété, l’efficacité énergétique et le recours à des solutions électriques performantes dans le bâtiment comme les pompes à chaleur,
  2. La révision de la fiscalité de l’électricité dans un contexte de la révision de la directive européenne sur la taxation des énergies,
  3. La réforme du dispositif ARENH, dont la fin est programmée au 31 décembre 2025, avec l’adoption d’une nouvelle régulation du nucléaire existant.
  4. L’amélioration de la prévisibilité du prix du CO2 européen, en introduisant un prix plancher complétant le dispositif ETS,
  5. L’affectation au financement de la transition énergétique des recettes issues de la mise aux enchères des quotas européens de CO2 et de la taxation des émissions de CO2. 

Enfin, à plus long terme, la réussite de la transition énergétique nécessitera des aménagements plus fondamentaux, en particulier la mise en œuvre d’arrangements de long terme qui permettront de compléter le marché de gros et ses signaux de prix d’optimisation à court terme en apportant de la visibilité pour financer des investissements très capitalistiques dans des actifs de longue durée de vie. La répercussion appropriée des coûts des systèmes électriques futurs dans les prix aux consommateurs sera alors un enjeu crucial.

 

[1] Prix day-ahead moyen de l’électricité pour 2020
[2] https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:52021DC0660&from=EN
[3] Cette taxe, qui finançait auparavant le développement des énergies renouvelables, représente toujours 12 % de la facture d’électricité des ménages.

Présentation de l’UFE

Présentation de l'UFE

L’Union Française de l’Electricité (UFE) est l’association professionnelle du secteur de l’électricité. Elle représente les entreprises de l’ensemble de la chaine de valeur du secteur électrique français.

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