Agir en tant qu'élu local - L'électrification au service des communes et des intercommunalités
28 avril 2026
Le mardi 23 juin 2026 se tiendra la 14ème édition du Colloque de l'Union Française de l'Electricité à Paris !
Je participeIII – Prix Plafond Intermédiaire
IV – Dossier de demande de dérogation au PPI et modalités d’approbation
V – Critères d’éligibilité aux contrats pluriannuels
VI – Durée des contrats pluriannuels
VII – Autres sujets sur le pluriannuel
Dans une démarche d’harmonisation des différents mécanismes de capacité au niveau européen, l’UFE est favorable à une approche d’abaque de coefficients uniques, agrégeant les coefficients filières et de stock, afin de se rapprocher vers un système comparable aux derating factors.
Les acteurs de marché au sein de l’UFE estiment qu’il est également pertinent d’intégrer la capacité de certains actifs à pouvoir reconstituer leur stock sans se recharger sur le système électrique. Par exemple, les STEP peuvent reconstituer une partie de leur stock grâce aux précipitations.
Tout d’abord, les acteurs de marché au sein de l’UFE soulignent que, dans la mesure où une batterie située devant le compteur et une batterie située derrière le compteur rendent un service identique au système électrique en période de pointe (pour une même durée de stock), ces deux actifs doivent bénéficier d’une égalité de traitement. Dès lors, l’introduction d’un coefficient différencié ne serait pas souhaitable, car elle créerait un effet d’aubaine et pourrait encourager le déploiement de batteries derrière le compteur, au détriment de celles situées devant le compteur.
S’agissant de la mise en œuvre d’un coefficient unique, les acteurs de marché au sein de l’UFE comprennent que celui-ci correspondrait, en pratique, à la méthode actuellement utilisée, à savoir le produit entre le coefficient filière et la contrainte de stock. Toutefois, les coefficients varieraient ainsi en fonction de la durée de stock des actifs. L’UFE préconise d’expertiser les conditions dans lesquelles, pour une même durée de stock, les coefficients entre actifs pourraient converger, afin de rechercher une égalité de traitement entre les batteries devant et derrière le compteur.
Plutôt que de distinguer, au sein de la filière effacement, les différentes technologies et donc les sites qui intègrent du stockage derrière le compteur, l’UFE est davantage favorable à la suppression du coefficient filière. Cela permettrait de ne pas classifier les différentes technologies au sein d’une filière, et la certification reposerait uniquement sur les différentes contraintes de stock. En effet, la distinction entre différentes technologies au sein des effacements est un exercice qui ne serait jamais exhaustif.
Plus généralement, les acteurs de marché au sein de l’UFE estiment qu’une meilleure transparence dans la méthode de détermination des coefficients est nécessaire pour qu’ils soient pleinement acceptés par les acteurs.
Concernant l’obligation de déclaration d’une batterie derrière le compteur, les acteurs de marché au sein de l’UFE soulignent qu’une obligation similaire existe déjà auprès du GRD, afin que celui-ci ait l’information de l’existence de cette installation lorsqu’il est amené à intervenir pour des opérations de maintenance.
Le mécanisme de capacité ayant vocation à sécuriser la capacité (existante et en projet) nécessaire au respect du critère de sécurité d’approvisionnement plusieurs années en amont de la PL, et en vertu du droit au maintien des conventions légalement conclues, la seconde enchère ne devrait pas conduire à remettre en cause la contractualisation ayant eu lieu lors de l’enchère principale. Dès lors, les acteurs de marché au sein de l’UFE accueillent favorablement le maintien des engagements de disponibilité contractualisés en PL-4 sans révision à la baisse en PL-1.
Concernant la temporalité de réévaluation du besoin market wide à la hausse en cas de tension sur l’équilibre offre-demande avant PL-1, les acteurs de marchés au sein de l’UFE souhaitent que RTE puisse exprimer son besoin proche de l’enchère PL-1, de manière à affiner ses modélisations au plus proche des besoins réels du système électrique.
Les acteurs de marchés au sein de l’UFE soulignent qu’il semble primordial, pour l’émergence d’un prix de la capacité robuste et lisible, que l’enchère PL-4 regroupe la grande majorité de la demande.
De plus, les acteurs de marché au sein de l’UFE soulignent que le risque pour le système électrique diffère selon les situations. En cas de sur-contractualisation en PL-4, la collectivité supporte le surcoût de la contractualisation d’un volume de capacité que RTE pourrait considérer à un horizon de temps plus proche de la PL qu’il est surévalué. A l’inverse, une sous contractualisation en PL-4 peut entraîner un besoin additionnel en capacité pour la dernière enchère, ce qui serait susceptible de : (i) remettre en question la lisibilité du signal-prix de la première enchère, (ii) conduire à une certaine volatilité du prix de la capacité, et (iii) selon le volume appelé, mettre en péril la sécurité d’approvisionnement, dans le cas où la capacité nécessaire n’était pas disponible en volume suffisant en PL-1.
Au global, les dispositions proposées à date réduiraient très fortement les fenêtres de certification ce qui entrainerait deux risques distincts : d’une part, les acteurs pourraient, via la possibilité de certifier des capacités en projet, anticiper à la hausse la certification de leurs actifs ce qui donnerait lieu à l’existence de capacités certifiées mais potentiellement non présentes, augmentant artificiellement l’offre de capacité pour la sécurité d’approvisionnement, et d’autre part, des capacités présentes mais non certifiées, ce qui diminue l’efficacité économique du dispositif.
Les acteurs de marché au sein de l’UFE comprennent le besoin opérationnel pour les gestionnaires de réseau d’organiser des périodes de certification en amont de chaque enchère et le contrôle que RTE veut apporter sur les engagements de capacité sur le marché secondaire en exigeant, pour avoir accès à ce dernier, une participation des capacités aux enchères.
Les acteurs de marché au sein de l’UFE estiment que la courbe de demande doit être publiée dans un délai suffisamment long avant l’enchère, en particulier les points essentiels qui la définissent :
Les autres éléments devant être publiés, en lien avec la demande, incluent l’objectif public de développement des flexibilités décarbonées (Oflex) et la contribution des interconnexions.
En effet, il semble pertinent que l’ensemble des paramètres soient mis à disposition des acteurs et que leur mise à jour soit transparente et réactive, notamment pour permettre la construction de prix de fourniture pertinents et limiter les effets de régularisation.
Par ailleurs, le niveau de l’obligation pour l’hiver 2026-2027 a été fixé de manière minimaliste, en privilégiant le souci de minimiser le risque d’impact sur la facture pour les consommateurs finaux.
Si des besoins de capacités sont identifiés à moyen terme et que l’obligation à brève échéance est fixée de manière minimaliste, le risque est réel d’inciter au déclassement de capacités et de se retrouver dans quelques années avec la nécessité de développer des nouvelles capacités bien plus coûteuses que le maintien en exploitation des capacités existantes.
La fixation de l’obligation pour les hivers 2027-2028, 2028-2029 et 2029-2030 devrait s’appuyer sur un bilan économique pluriannuel et tenir compte des risques de regrets d’une vision trop court-termiste.
Enfin, comme la CRE, les acteurs de marché au sein de l’UFE estiment essentiel que le niveau de demande de l’enchère PL-4 regroupe la grande majorité de la demande totale. Cela permet de faire émerger une valeur objective et lisible de la capacité, et ainsi d’envoyer un signal prix clair aux exploitants et investisseurs assurant la sécurité d’approvisionnement. La répartition de la demande entre PL-4 et PL-1 doit donc viser avant tout à respecter ce principe économique fondamental.
En préambule, les acteurs de marché au sein de l’UFE comprennent que l’introduction d’un prix plafond global vise à maîtriser le coût global du mécanisme, afin de limiter son impact sur la facture des consommateurs. Ils soulignent toutefois qu’un tel prix plafond ne doit pas compromettre l’objectif principal du mécanisme de capacité, à savoir la satisfaction du critère de sécurité d’approvisionnement.
Dans sa délibération n°2022-152, la CRE indique ainsi que le CoNE de 60 €/kW/an renvoie à la filière des effacements pour un gisement de 1,3 – 1,4 GW, pour atteindre ensuite 100 €/kW/an pour un second palier d’effacements de 1,1 – 1,2 GW puis largement au-delà, 120 à 280 €/kW/an, pour des batteries, l’étude ayant omis la filière thermique décarbonée, ainsi que l’hydraulique (surpuissance et STEP).
A ce titre, les acteurs de marché au sein de l’UFE considèrent que le prix plafond global de 72 €/kW fixé pour l’enchère 2026-2027, s’il est cohérent avec une enchère qui ne devrait pas nécessiter l’émergence de nouvelles capacités, ne répond en aucune façon au niveau dont auront besoin les nouvelles capacités, notamment les capacités créatrices nettes d’énergie, pour l’enchère 2030-2031.
Les acteurs de marché au sein de l’UFE estiment que la méthodologie initiale de RTE, reposant sur une approximation linéaire par morceaux du besoin en capacité, permet de faire émerger une courbe de demande compréhensible, bien que perfectible en raison des approximations.
Ils comprennent que la méthode alternative de la CRE vise à approximer plus finement la courbe de gain marginal. Par conséquent, ils s’interrogent sur la possibilité de créer plus que deux segments de droite, afin de réduire au maximum les incertitudes.
Les acteurs de marché au sein de l’UFE soulignent que les règles du mécanisme de capacité prévoient que le volume en PL-1 puisse être théoriquement nul (si absence de réévaluation du besoin à la hausse et si l’objectif Oflex est atteint dès PL-4). Par conséquent, ils estiment que l’élasticité de la courbe de demande est plus pertinente pour l’enchère PL-4. Par ailleurs, un volume nul en PL-1 ne permettra pas aux capacités ne pouvant participer qu’en PL-1 de bénéficier d’une rémunération capacitaire.
Les acteurs de marché au sein de l’UFE pensent inapproprié d’envisager de fixer le PPI à long terme, compte tenu de l’évolution des fondamentaux qui peuvent caractériser tant les coûts des actifs concernés que les revenus qu’ils sont en mesure de capter.
Les acteurs de marché au sein de l’UFE constatent l’introduction d’un plafond de prix intermédiaire pour les actifs existants, avec l’ouverture de dérogations en cas de non-couverture de leur missing money. Ils rappellent que le plafond de prix intermédiaire doit en tout état de cause rester technologiquement neutre et accueillent favorablement l’absence de différenciation entre les filières. Les acteurs de marché au sein de l’UFE soulignent que le dispositif doit s’assurer que le niveau de rémunération des actifs est pertinent et non déconnecté de la réalité du missing money. En effet, si le plafond de prix intermédiaire était inférieur au missing money d’une centrale existante nécessaire à la sécurité d’approvisionnement, cela compromettrait sa viabilité économique et conduirait à son arrêt malgré son intérêt pour la collectivité.
Bien que les acteurs de marché au sein de l’UFE comprennent que l’introduction d’un PPG et d’un PPI vise à maîtriser le coût du mécanisme en (i) limitant la rémunération des nouvelles capacités à hauteur du coût du nouvel entrant et (ii) en limitant la rémunération des actifs existants, ils soulignent que ces dispositions conduisent à une asymétrie des revenus capacitaires pour les moyens nécessaires à la sécurité d’approvisionnement et fausse ainsi la concurrence entre les technologies, les acteurs et les actifs.
Par conséquent, ils sont opposés à ce que RTE fixe et place une estimation de missing money de court terme qui servirait de plafonnement pour le clearing voire les offres des acteurs : cela conduirait à des valeurs de plafond normatives voire arbitraires qui ne pourront pas rendre compte de l’équilibre économique des installations (par exemple CAPEX de maintenance ponctuels, de la nécessité desquels l’exploitant industriel est seul à même de juger). Les acteurs de marché au sein de l’UFE appellent ainsi à envisager des solutions alternatives qui ne contraignent pas la liberté des acteurs notamment la fixation du prix au niveau de l’offre la plus élevée lorsque la demande en capacité n’est pas entièrement satisfaite par le parc existant (plutôt qu’au niveau d’un plafond administré – ce qui permet que le prix reflète toujours un missing money réel, et assure effectivement sa couverture).
A défaut, la proposition actuelle de plafond intermédiaire pour les capacités existantes, fixé à un niveau normatif réputé correspondre au missing money le plus élevé des actifs existants devrait nécessairement être accompagnée des conditions suivantes :
La détermination du PPI a pour objectif d’encadrer la rémunération des actifs existants afin de limiter le coût du mécanisme. Les acteurs de marché au sein de l’UFE rappellent que le PPI est notamment déterminé en fonction des coûts d’exploitation des actifs, dont le niveau est susceptible de varier dans le temps. Par conséquent, ils estiment que la mise en place d’un PPI de long terme apparaît difficilement concevable.
Comme développé à la question n°20, les acteurs de marché au sein de l’UFE seraient favorables à la fixation d’un PPI correspondant au niveau de l’offre la plus élevée lorsque la demande en capacité n’est pas entièrement satisfaite par le parc existant (plutôt qu’au niveau d’un plafond administré). Cela permettrait que le prix reflète toujours un missing money réel, et assure effectivement sa couverture.
La méthodologie d’estimation présuppose qu’un acteur aurait sécurisé, à l’avance sur les marchés à terme, et de manière lissée sur 24 mois, les revenus de son actif. Les acteurs de marché au sein de l’UFE regrettent qu’une hypothèse aussi structurante, qui ne reflète pas nécessairement les stratégies propres à chaque acteur, soit retenue.
Les acteurs de marché au sein de l’UFE soulignent l’importance d’accorder une dérogation au PPI à toute centrale dont le missing money estimé au moment de l’enchère est susceptible d’être supérieur au PPI.
Ce missing money peut être sensiblement plus élevé que le missing money estimé au moment de la demande de dérogation. En effet, une durée d’environ six mois sépare la demande de dérogation et l’enchère, et les conditions de marché (liées, notamment, au contexte géopolitique) peuvent fortement évoluer pendant cette période.
Toute centrale dont le missing money au moment de l’enchère serait plus élevé que le PPI, mais qui n’a pas fait l’objet d’une demande de dérogation, serait automatiquement lésée.
Les acteurs de marché au sein de l’UFE soulignent qu’une pré-validation des coûts sur plusieurs années suppose implicitement que les exploitants soient en mesure d’avoir une estimation précise sur cette période. Or, ils rappellent que les coûts des installations restent très incertains et qu’ils peuvent être affectés par des aléas techniques.
L’UFE partage le souhait, exprimé par la CRE, de simplification des demandes de dérogation au PPI. Par conséquent, l’UFE estime que la pré-instruction des dérogations pour l’ensemble des capacités existantes, en amont de l’ouverture du guichet de dérogation, est une piste pertinente.
Les acteurs de marché au sein de l’UFE prennent note du montant unique fixé à 125k€/MW certifié. Ils rappellent que l’article R.316-36 du Code de l’énergie dispose que « les capacités de production et de stockage éligibles à des rémunérations pluriannuelles sont :
Cependant, ils soulignent que ce seuil d’investissement ne permet pas, a priori, à certaines catégories d’accéder à un contrat pluriannuel, alors même que la capacité concernée est éligible au sens de l’article R.316-36 du Code de l’énergie. Par conséquent, ils appellent à une modification du seuil pour corriger cette incohérence.
Le mécanisme de capacité a pour objectif de sécuriser en amont de la période de livraison la capacité nécessaire au respect du critère de sécurité d’approvisionnement. Cette sécurisation s’opère en engageant les capacités existantes et en donnant si nécessaire un signal à l’émergence de nouvelles capacités. La refonte du mécanisme de capacité doit permettre d’apporter les solutions pertinentes pour continuer à assurer la sécurité d’approvisionnement en électricité de la France dans le cadre du marché européen.
Dans ce cadre, dans le cas où le parc existant, complété des appels d’offres par filière prévus, le cas échéant, pour atteindre les objectifs de la PPE ne permettrait pas de garantir le respect du critère de sécurité d’approvisionnement, les acteurs de marché au sein de l’UFE jugent utile de prévoir un dispositif pluriannuel. Ce dispositif pluriannuel aurait ainsi vocation à répondre au besoin de couverture de la sécurité d’approvisionnement mais ne se substituerait pas aux appels d’offres dédiés à l’atteinte des objectifs PPE de chaque filière.
Le design actuellement envisagé pour le mécanisme de capacité donne la possibilité de développer des capacités à long terme. Dès lors, le mécanisme de capacité a la faculté de soutenir les investissements nécessaires à travers le dispositif des contrats pluriannuels. Les acteurs de marché au sein de l’UFE soulignent que si le mécanisme de capacité possède cette faculté d’aide à l’investissement, les contrats pluriannuels sont à considérer uniquement si le critère de sécurité d’approvisionnement n’est pas satisfait sans l’émergence de capacités additionnelles qui requièrent un soutien à long terme.
S’agissant du besoin de justification de l’absence de décision d’investissement avant l’octroi d’un contrat pluriannuel, les acteurs de marché au sein de l’UFE soulignent que les critères mentionnés au 1° et 2° de l’article R.316-36 ne sont pas cohérents avec le planning de développement et de financement de nouveaux projets. Par conséquent, ils sont défavorables à la proposition de la CRE de faire de l’absence de FID une condition d’éligibilité à un contrat pluriannuel et appellent à une modification de ces critères.
De plus, ils rappellent qu’afin de prévenir les retards de livraison d’une capacité bénéficiant d’un contrat pluriannuel, un comité de suivi est mis en place. Celui-ci a pour objectif de vérifier que le développement du projet respecte les jalons qui ont été communiqués lors de la phase de pré-qualification (et de déterminer les pénalités si besoin). Par conséquent, ils proposent que le comité de suivi atteste de l’absence de décision d’investissement.
Dans l’hypothèse d’un risque sur la sécurité d’approvisionnement qui entraînerait les pouvoirs publics à considérer la mise en place de contrats pluriannuels, les acteurs de marché au sein de l’UFE rappellent l’importance de garantir l’égalité de traitement entre toutes les capacités. En particulier, les acteurs de marché au sein de l’UFE appellent à considérer l’impact de la mise en place de ces contrats et des plafonds de prix intermédiaire sur la pérennité économique des actifs de stockage existants. En effet, ces dernières seraient défavorisées par rapport aux nouvelles capacités alors qu’elles peuvent présenter des caractéristiques techniques équivalentes. Les acteurs de marché au sein de l’UFE invitent l’administration à mettre en œuvre les mesures appropriées.
Les acteurs de marchés au sein de l’UFE invitent à introduire des durées de contrat reflétant la durée de vie des différents actifs. En effet, un actif à durée de vie longue (par exemple 25 ans) qui peut fournir un service de sécurité d’approvisionnement pourrait proposer une annuité risquant d’être peu compétitive avec un contrat de 10 ou 15 ans. Lorsque la durée d’un contrat pluriannuel est inférieure à la durée de vie d’un actif, le prix d’offre soumis à l’enchères sera artificiellement élevé dans la mesure où les exploitants doivent couvrir, sur une période plus courte, des coûts s’étalant sur une durée plus longue.
En effet, plus la durée du contrat est décorrélée de la durée de vie de l’actif, plus le missing money à couvrir via la rémunération capacitaire pluriannuelle est important, sachant que les revenus capacitaires non sécurisés au-delà du contrat pluriannuel sont incertains et seront par ailleurs, sauf dérogation, soumis au plafond de prix intermédiaire applicable aux actifs existants.
Ainsi, étant donné qu’aucune des trois options présentées par la CRE ne permet de résoudre le problème de l’inégalité de traitement vis-à-vis des actifs à durée de vie supérieure à 15 ans, les acteurs de marché au sein de l’UFE accueillent par défaut favorablement la troisième option présentée par la CRE, c’est-à-dire pour les exploitants de fixer la durée du contrat, à condition qu’elle ne dépasse pas la durée d’amortissement du projet. Ils appellent toutefois à un allongement de la durée maximale actuellement fixée à 15 ans.
S’agissant des nouvelles capacités de production nécessaires à la sécurité d’approvisionnement, un temps de développement (étude de design et de permitting) d’un an (voire un peu moins) à trois ans selon les actifs est nécessaire en amont des enchères pour que les développeurs de projets puissent engager la décision d’investissement aussitôt la capacité sélectionnée à l’enchère. Cela requiert donc nécessairement une certaine visibilité en amont des enchères. Ainsi, quel que soit le schéma retenu pour ce dispositif pluriannuel, les acteurs de marché au sein de l’UFE souhaitent que, l’Etat décide du niveau de risque (les hypothèses de consommation et de production) à couvrir et du niveau de capacité à sécuriser avec le mécanisme de capacité a minima trois ans en amont des enchères, en clarifiant les conditions de contractualisation envisagées (plafond de rémunération, durée de contrat, critères d’éligibilité).
Les acteurs de marchés au sein de l’UFE partagent l’analyse de la CRE sur la première approche. En effet, une durée d’un contrat pluriannuel fixée en fonction des CAPEX ne rémunérerait pas l’installation en fonction de la durée du service rendu. Par exemple, une installation qui ne peut pas prétendre à un contrat de 15 ans (car celle-ci a un CAPEX inférieur au seuil fixé), sera contrainte de proposer une offre sur une durée inférieure, renchérissant ainsi son prix d’offre alors qu’elle pourrait être en mesure de participer à la sécurité d’approvisionnement sur 15 ans avec un prix d’offre plus faible. Lorsque deux actifs peuvent assurer le service sur une durée identique, la définition de la durée du dispositif pluriannuel en fonction des CAPEX peut introduire des problèmes de comparabilité entre les deux offres.
Concernant la mise en place d’un coefficient par filière évolutif sur la durée du contrat pluriannuel (option 1), les acteurs de marché au sein de l’UFE soulignent que cette mesure ferait varier la rémunération du lauréat et porterait fortement atteinte à la visibilité sur la rémunération de l’exploitant. Bien que le coefficient filière dépende non pas de la performance d’un actif en particulier, mais bien du mix électrique dans lequel il s’insère (qui évolue chaque année), les acteurs de marchés au sein de l’UFE soulignent que l’absence de visibilité sur les fourchettes d’évolution des coefficients par filière accroît l’incertitude concernant les revenus capacitaires, ce qui peut compromettre la décision finale d’investissement.
RTE a identifié un besoin minimal d’actifs « créateurs nets d’énergie » pour permettre d’atteindre le critère de sécurité d’approvisionnement. Ces actifs sont définis comme des moyens de production non contraints par des contraintes de stock à l’échelle de la journée ou de la semaine. De plus, RTE souligne une forte incertitude quant à l’estimation de la contribution des actifs se rechargeant en soutirant sur le système électrique lors des périodes de pointe. Dans ce cadre, les acteurs de marché au sein de l’UFE s’interrogent sur l’introduction, lors de l’enchère PL-4 pour la PL2030/2031, d’un volume maximal de capacités pluriannuelles à stocks courts, plutôt que sur la mise en place d’un volume minimal de capacités créatrices d’énergie. Ils soulignent par ailleurs que la détermination de ce volume minimal doit, en toute logique, s’appuyer sur les besoins en capacités créatrices nettes d’énergie identifiées dans le Bilan Prévisionnel de RTE.
Réponse de l'UFE à la consultation de la CRE relative à la méthodologie de paramétrage du mécanisme de capacité et aux conditions d'octroi des contrats pluriannuels
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