Et maintenant ?

« Je suis convaincue qu’il y a beaucoup de fondements communs entre la crise sanitaire et la crise écologique. Elles sont liées à l’organisation de chaînes complexes à l’échelle de la planète, qui crée de la vulnérabilité. Cette situation nécessite d’interroger un modèle de développement dans lequel on s’est engagé depuis des décennies », confiait la ministre de la Transition écologique et solidaire Elisabeth Borne au Figaro le 6 avril 2020. Après le temps du confinement vient celui de la reconstruction. Après avoir démontré la vulnérabilité de nos sociétés et mis nos anciennes certitudes en doute ou entre parenthèses, l’épidémie de Coronavirus nous amène à repenser notre mode de vie et à repartir sur un chemin différent. Après la plus grande crise sanitaire que l’humanité ait connue depuis des décennies, comment en éviter d’autres en lien avec le réchauffement climatique ?

En réduisant drastiquement l’activité humaine, le Covid-19 a fait diminuer, de façon très conjoncturelle, les émissions polluantes dans toute l’Europe. Mais le climat a besoin d’une diminution, nette et durable, des émissions carbonées, pas d’une année « blanche » ! Réduire l’empreinte carbone des activités humaines ne peut être renvoyée à 2050.

Ni décroissance ni mondialisation incontrôlée

Le climatologue Jean Jouzel voit plusieurs enseignements à la crise du Covid-19 : s’il faut « commencer par s’en tenir aux objectifs de la loi et la neutralité carbone à l’horizon 2050 », l’ancien vice-président du Giec argue en faveur d’une « relance économique verte » créatrice d’emplois, avec un retour à des chaînes de valeur régionales, « en bannissant tout ce qui est très émetteur de gaz à effet de serre, en insistant sur les transports en commun et la rénovation énergétique ». En espérant que cette relance de l’économie plus vertueuse en termes de lutte contre le réchauffement climatique le soit « au niveau de l’Europe comme au niveau mondial » poursuit-il.
Selon le directeur de l’Agence internationale de l’énergie Fatih Birol, « le secteur de l’énergie est responsable de 80 % des émissions de gaz à effet de serre. Il est donc indispensable de le transformer pour lutter contre le changement climatique ». L’AIE s’est d’ailleurs positionnée en faveur « d’investissements à grande échelle pour stimuler le développement, le déploiement et l’intégration de technologies d’énergie propre - telles que l’énergie solaire, éolienne (…) qui devraient être au cœur des plans des gouvernements, car ils apporteront le double avantage de stimuler les économies et d’accélérer les transitions énergétiques propres ».

Ce besoin d’une société plus durable, plus résiliente, plus solidaire et plus responsable est désormais bien ancré et fait écho auprès de plus en plus de citoyens et d’institutions. Une étude d’opinion menée par Ipsos pour Datacovid du 7 au 14 avril révèle, qu’outre les questions de santé forcément omniprésentes dans cette période, c’est le changement climatique qui demeure la première préoccupation des Français (33%), devant le pouvoir d’achat (31%), la dette (24%), le chômage (18%) et l’insécurité (16%). De plus en plus d’études et initiatives vont dans le sens d’une relance verte, comme le rapport d’I4CE qui propose « un plan de financement public de 7 milliards d’euros par an associé à une trentaine de mesures », dans le but de « déclencher annuellement 19 milliards d’euros d’investissements publics et privés favorables au climat » et en couvrant 7 secteurs : la rénovation des logements privés, des bâtiments tertiaires, le déploiement des véhicules électriques, les infrastructures de transport en commun, les infrastructures ferroviaires, les aménagements cyclables, et la production d’électricité renouvelable. La Convention citoyenne pour le climat a aussi avancé ses propositions en demandant au Gouvernement que « les investissements se concentrent dans des secteurs d’avenir respectueux du climat ». La plateforme « le jour d’après » lancée le 4 avril par 60 parlementaires de sensibilités politiques différentes ambitionne quant à elle « d’aller plus loin qu’un simple plan de relance » et de « porter des mesures très fortes, à la hauteur de la crise, pour le climat, la biodiversité, la solidarité, la santé et la démocratie ».

L’électricité, un bien essentiel

La crise du coronavirus a également souligné l’importance vitale de l’électricité pour assurer les besoins des populations : consommation d’électricité dans les logements, les transports en commun, les industries et services, les hôpitaux, les services informatiques et de télécommunication particulièrement utilisés tout au long du confinement… Il est donc vital que l’industrie électrique ait les moyens économiques de fonctionner dans la durée, de maintenir et développer ses infrastructures stratégiques, afin de continuer à rendre ce service essentiel, surtout après une période de crise où l’on a perçu certains bienfaits liés à une accélération de la révolution numérique : facilitation du télétravail, développement de la télémédecine, enseignement à distance… Avec une continuité de service assurée malgré les difficultés opérationnelles, l’électricité a pleinement joué son rôle pour assurer ce lien entre les personnes. Elle a également su réaliser un ajustement de la production : en période de plus faible demande aussi, les réseaux électriques ont démontré leur flexibilité à l’instar de la modulation de la production nucléaire qui permet de s’adapter à la consommation.

Pour l’instant, l’heure est au redémarrage progressif des activités mises en suspens pendant le confinement, avec comme priorité absolue la gestion de la crise sanitaire afin d’éviter un « deuxième pic ». Mais très rapidement c’est vers le futur qu’il faudra se tourner, vers les moyens de rendre notre société neutre en carbone et résiliente à différents types de crise. L’UFE sera force de proposition, en mettant en avant les solutions concrètes que peut apporter l’électricité, une énergie décarbonée, sûre, compétitive, et produite dans nos territoires.

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