Développer et moderniser les réseaux : un investissement rentable au service de la transition énergétique

Combien faut-il investir dans les réseaux européens de distribution électrique pour accompagner la transition énergétique entre 2020 et 2030 ? Nettement plus qu’aujourd’hui, conclut une récente étude d’Eurelectric, mais les avantages compenseront ce surcoût. Surprise, l’électrification des usages, mobilité et bâtiment, n’est pas le principal déclencheur de l’investissement, mais bien la modernisation et la numérisation des réseaux. Profiter de l’opportunité du Plan de Relance, alléger la régulation et la rendre plus incitative à l’innovation, telles sont les pistes concrètes d’amélioration suggérées par l’étude

34 à 39 milliards d’euros par an dans l’ancienne Union européenne (UE), c’est-à-dire en incluant le Royaume-Uni : tel est le montant qu’il faudra investir dans les réseaux de distribution chaque année jusqu’en 2030 pour accompagner la transition énergétique. C’est une des conclusions de l’étude récemment publiée par Eurelectric, la première du genre : jusqu’ici aucune évaluation précise n’avait été tentée en Europe. Cette étude a été conduite par Eurelectric représentante de l’industrie électrique en Europe et EDSO qui représente les distributeurs européens, dont Enedis.

Est-ce beaucoup ? Oui et non, explique l’étude. Certes c’est environ 60 % de plus qu’au cours de la dernière décennie. Mais l’effet sur la facture d’électricité sera négligeable. Si l’on regardait isolément le coût de l’investissement, cet effet semblerait être une augmentation d’environ 1,5 % de la facture par an. Ces investissements apporteront toutefois des bénéfices qui devraient compenser leur coût. Les clients pourront mieux participer à l’équilibre offre-demande, limitant ainsi les investissements dans les moyens de production et améliorant l’intégration des installations renouvelables dans les systèmes électriques. L’électrification concomitante réduira les factures d’énergie fossile.

Précisément, l’électrification [1] est-elle la principale responsable de ces quelque 35 milliards ? Non, répond l’étude. Elle pèse 27 % de l’investissement total dans la distribution, dont seulement 8 % pour la mobilité électrique. L’inévitable renouvellement de l’infrastructure et sa numérisation, facteurs d’efficacité du système électrique, sont à l’origine de 40 % des coûts, dont seulement 8 % pour les compteurs intelligents. L’intégration des ENR, quant à elle, en représente 23 %.
Ce volume de 35 milliards tient compte des flexibilités qu’on pourra mobiliser grâce à l’intelligence croissante des réseaux, et dont les clients pourront se saisir.
En conclusion, l’étude préconise des actions au niveau européen et au niveau national pour faciliter ces investissements. Parmi ces propositions, on relève :
- saisir l’occasion du Plan de Relance européen, qui doit faciliter la transition énergétique ;
-   accélérer et simplifier les procédures d’autorisation et mieux associer les collectivités locales ;
-   améliorer la régulation pour qu’elle incite davantage à l’innovation.

Le wébinaire de lancement a été suivi par un millier de personnes. Il a été ouvert par la Commissaire à l’Energie, Kadri Simson, et a permis aux responsables du secteur électrique de mettre en évidence le rôle central de la distribution dans la transformation à venir des systèmes électriques. « L’UE », a observé Christian Buchel d’Enedis, président de l’E.DSO, « est en avance sur le reste du monde par la qualité du service qu’offrent les distributeurs. C’est grâce aux investissements d’hier, qui ont fait les succès d’aujourd’hui. Il faut maintenant construire les succès de demain : un réseau efficace, résilient, au service de la transition énergétique, et créateur d’emplois. »
Dans ce contexte, l’UFE souhaite rappeler l’importance d’une régulation efficace des gestionnaires de réseaux, qui doit leur donner les moyens d’accélérer les programmes d’investissements dans une vision pluriannuelle en veillant à la nécessaire acceptabilité des évolutions du prix de l’électricité pour les consommateurs.

[1L’étude est fondée sur une hypothèse de croissance moyenne annuelle de la demande finale de 1,8%. Selon les pays le taux s’étage entre 0,7 et 6,1% (0,8 en France et 3,1 en Allemagne).

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