Transition énergétique : mais quelle mouche a piqué le CESE ?

Le 28 février dernier, le Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE) a rendu un avis intitulé « Comment accélérer la transition énergétique ? ». Alors que va s’ouvrir le Débat public autour de la PPE, Il est donc utile de revenir sur ce texte qui devrait être versé au débat et dont certaines approches sont pour le moins biaisées …

En pleine élaboration de la Programmation Pluriannuelle de l’Energie et alors que s’ouvre le Débat public, l’avis du CESE tente de faire le bilan, d’identifier les fragilités de la transition énergétique à la française et propose des orientations d’action pour y remédier. Si certains constats sont effectivement bien posés, certaines postures et analyses ne sont pas recevables de la part de la troisième assemblée de la République dans le cadre de la mission précise qui lui été confiée.

Viser l’efficacité énergétique et climatique

L’UFE partage l’avis du CESE quant aux résultats factuels de la mise en œuvre de transition énergétique. C’est le cas lorsque le CESE souligne que les secteurs des transports et du bâtiment ne sont pas sur la bonne trajectoire pour l’atteinte de la neutralité carbone en 2050. Ils doivent faire l’objet d’efforts particuliers. Il faut articuler l’efficacité énergétique avec la baisse effective des émissions de CO2 permettant de consommer moins, mais aussi de consommer de l’énergie à faible teneur en carbone.

CEE : un dispositif à améliorer

La troisième assemblée de la République pointe aussi la faiblesse structurelle dont pâtit le système des Certificats d’Economie d’Energie. L’UFE s’est exprimée plusieurs fois sur ce sujet et alerte régulièrement sur l’importance de renforcer le dispositif pour le rendre robuste et efficace au regard des coûts importants qu’il engendre et qui pèsent fortement, in fine, sur les consommateurs.

Transition énergétique : pas d’évaluation socio-économique

L’UFE le dit sans relâche depuis des années et le CESE le signale à juste titre aussi : l’évaluation de l’impact de la transition énergétique dans les domaines socio-économiques est la grande absente de tous les débats. Or, la transition énergétique va conduire à modifier profondément le tissu économique de notre pays et donc, nécessitera des efforts importants dans les compétences des salariés et leurs éventuels redéploiements.

Des partis-pris pas acceptables

Ainsi, si l’UFE partage certains constats faits par le CESE, néanmoins, le rapport, dans sa globalité, véhicule une vision biaisée et un parti-pris contre l’électricité et le système électrique assez incompréhensibles. Le CESE s’attarde sur des recommandations visant à ralentir le développement de la mobilité électrique, mais aussi reproche au secteur électrique de ne pas évoluer plus rapidement vers une décentralisation plus prononcée ! C’est nier que le système électrique porte un grand nombre d’actions pour une transition énergétique réussie et connait une évolution historique de ses outils industriels.

Débat public PPE : partager le même objectif global

L’UFE rappelle que, réussir la transition énergétique, c’est prendre en compte les attentes et l’évolution des comportements de tous les citoyens. C’est aussi intégrer l’impératif de compétitivité d’une électricité dont le prix reste maîtrisé pour les consommateurs et nos entreprises.
L’UFE recommande, pour le débat sur la PPE, que la controverse soit menée dans une approche inclusive et collective plutôt que d’opposer les acteurs qui sont ceux qui vont, concrètement, mettre en œuvre la transition énergétique.
Faut-il par ailleurs rappeler que l’électricité est un bien vital et que l’heure n’est pas à dénigrer un système électrique en pleine évolution, qui a fait ses preuves, et qui « pendant les travaux » assure la continuité de la fourniture ? Est-il aussi besoin de rappeler le rôle des réseaux pour la cohésion des territoires et l’attachement de nos concitoyens à cette solidarité ?

Imaginer un système énergétique neutre en carbone

Ne nous trompons pas de combat ! La lutte contre le changement climatique est la priorité. La répétition de grands événements météorologiques nous a rappelé, à plusieurs reprises cette année, que l’urgence climatique est bien là ! Il serait irresponsable de dégrader la performance climatique du système électrique alors que les émissions de CO2 du transport sont reparties à la hausse, que le secteur du bâtiment ne parvient ni à baisser ses émissions de CO2 ni à baisser suffisamment sa consommation d’énergie finale. Les professionnels de l’électricité réunis à l’UFE ont imaginé un futur au système électrique. Il est plus décentralisé et la part des EnR s’y accroit significativement. A l’aide de notre système électrique déjà largement décarboné grâce au nucléaire et à l’hydraulique, puis renforcé par ces futures évolutions, et en le complétant avec d’autres vecteurs à haute performance climatique comme la chaleur renouvelable ou l’hydrogène renouvelable, la neutralité carbone de l’économie française sera à portée de main.

Réussir la transition énergétique est un objectif partagé, qui ne fait plus débat. Sa mise en œuvre nécessite une approche pragmatique et coordonnée. L’UFE recommande, pour le débat à venir, une approche collective évitant les polémiques inutiles. C’est à cette condition que notre pays arrivera à respecter ses objectifs environnementaux, économiques et sociaux. C’est ce que mérite de mieux la transition énergétique et écologique que nous appelons tous de nos vœux.

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