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CERAWEEK HOUSTON 2015 : 5 jours pour comprendre les enjeux énergétiques mondiaux

La semaine dernière s’est tenue, à Houston, la 34ème CERA WEEK, le plus grand rassemblement mondial des acteurs de l’énergie. 38 plénières et 84 workshops ont permis aux quelques 2800 participants, parmi lesquels des représentants de Gouvernements, des administrations, des énergéticiens, des équipementiers, des banques et des cabinets conseils, d’échanger sur le thème, sans équivoque, de : « Turning Point : Energy’s New World »…

La semaine était organisée autour de cinq sujets : l’inventaire de la situation géopolitique, le marché du pétrole, le marché du Gaz, le marché de l’électricité, les perspectives globales à moyen terme. Et chacun a, en effet, fait écho au titre de la convention : le monde de l’énergie est à la croisée des chemins. En réalité, quatre champs de réflexion auront dominé l’ensemble des débats : les combustibles fossiles, les prix, l’évolution des business models traditionnels, et l’impact de la numérisation dans le secteur énergétique avec pour corollaire la question-clé de la cyber-sécurité.

La robustesse de l’usage des combustibles fossiles

Le marché du pétrole, profondément bouleversé par l’explosion de la production américaine non-conventionnelle et par la décision de l’OPEC de ne plus soutenir les cours, continue à présenter un excès d’offre par rapport à la demande. Toutefois, il apparait que, malgré des coûts d’extraction plus élevés, l’expansion de la production nord-américaine ne soit pas remise en cause. Les USA, le Canada et le Mexique sont d’ailleurs en train de jeter les bases d’une union énergétique complète à l’échelle du continent, pour optimiser l’usage des différentes sources d’énergie qu’ils possèdent. Le marché du gaz, et en particulier du LNG, est, quant à lui, toujours fortement tiré par l’Asie, avec une augmentation de la consommation mondiale estimée à 50 % d’ici 2030. Mais une incertitude demeure dans l’hypothèse du basculement de la Chine vers le gaz et du Japon vers le charbon (en cas de retard dans le redémarrage nucléaire). Quant au charbon, il semble avoir de beaux jours devant lui, car de façon beaucoup plus discrète que le pétrole, ses cours ont fortement baissés. Il est donc hyper compétitif et sa consommation devrait encore augmenter jusqu’en 2020. De fait, seuls deux pays peuvent envisager une compétition équilibrée gaz /charbon, à savoir les USA (du fait des gaz de schistes) et le Royaume-Uni (du fait de la taxe carbone).

Les divergences d’évolution dans les prix

La récente chute des prix du pétrole est clairement la plus spectaculaire, mais son effet réel doit être analysé en fonction de divers facteurs comme le taux de change de la devise du pays par rapport au dollar américain, les pratiques fiscales propres à chaque Etat et les marges prises par le raffinage pour livrer les produits finis. Concernant le gaz, les prix restent fortement éclatés entre les différentes régions du monde mais, à l’horizon 2020, il devrait y avoir un rapprochement entre l’Europe et l’Asie sur ce plan, l’Amérique du Nord gardant un avantage très significatif grâce au gaz non-conventionnel. Quant au charbon, son avantage prix ne sera susceptible d’être menacé qu’à trois conditions : un niveau de prix de CO2 significatif, une fiscalité adaptée et un niveau de subvention aux EnR les rendant compétitives. Mais dans cette hypothèse, le développement du CCS pourrait également devenir rentable et contribuer à maintenir son usage.

Le changement de business model dans l’électricité

Le secteur électrique quitte progressivement son modèle historique de chaîne de valeur entièrement intégrée pour une atomisation de la valeur en clusters. Pour les nouveaux entrants, les axes de développement sont les plateformes aval intelligentes, les plateformes amont intelligentes, la gestion d’énergie, l’agrégation de demande, et l’agrégation d’offre. Ceci va constituer la base de nouvelles entreprises énergétiques, la technologie venant en appui de leur développement mais non l’inverse. L’essentiel de l’évolution économique du secteur réside dans le déplacement de la valeur vers l’aval.

Les risques liés aux cyber-attaques

Sur ce plan, la préoccupation est forte. Dans un système digitalisé, tous les objets connectés constituent des portes d’entrée potentielles pour une cyber-attaque. Or, le nombre de ces objets va rapidement se compter en dizaines de milliards (en 2020, 50 milliards, d’après Cisco). Il va donc falloir mettre en place une collaboration très étroite entre tous les organismes en charge de la sécurité de chaque Etat (aux USA, c’est déjà le cas entre le FBI, la NSA, le SoD et les CTO des entreprises,…). Si tous les secteurs clés doivent être protégés, l’énergie constitue clairement l’un des secteurs prioritaires car, aux Etats-Unis par exemple, il constitue d’ores-et-déjà le secteur le plus attaqué sur les 16 secteurs d’activité considérés comme stratégiques.

Dans ce rendez-vous international, l’Europe est malheureusement apparue marginalisée par rapport à l’enjeu énergétique mondial. Les initiatives de l’UE, qui pourtant cherche à être exemplaire, sont souvent ignorées, voire source d’incompréhension. Révélateur, seule une séance plénière (dédiée à la CPO 21) et deux workshops portaient sur les enjeux européens…

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