Flexibilité : des solutions innovantes au service du système électrique

Lors de la conférence de l’UFE consacrée le 27 septembre à l’effacement diffus, des échanges nourris ont permis de dresser un panorama complet de solutions de flexibilité pouvant représenter à la fois un intérêt pour le système électrique et des opportunités pour les consommateurs.

En introduction de la conférence, Thomas Veyrenc, directeur stratégie et prospective de RTE, a rappelé que la France avait longtemps débattu du cadre réglementaire dédié à l’effacement et qu’il était désormais temps de dépasser ces questions pour se focaliser sur les enjeux et les leviers du développement industriel de cette filière. Différents travaux prospectifs de RTE, tels que le Bilan Prévisionnel, identifient en effet des gisements considérables de flexibilité de consommation, qui ne demandent qu’à être valorisés.

Dans le résidentiel et le tertiaire, de nouvelles technologies au service des clients

Pascal Portelli, président du directoire de l’équipementier Delta Dore, a insisté sur l’évolution des technologies depuis l’époque des premiers délesteurs de chauffage électrique. Aujourd’hui, le développement de l’Internet des objets – 1 million de foyers français ont déjà un « energy manager » connecté et ce nombre devrait quadrupler d’ici 2023 – permet d’imaginer un développement de l’effacement diffus pour un coût marginal qui devient très faible. Cet essor, pour Pascal Portelli, doit se faire dans le respect du confort pour le consommateur tout en garantissant la bonne utilisation et la protection des données, qui pourraient sinon être perçues comme des freins.

Frédéric Rocher a partagé l’expérience d’Helexia, gestionnaire d’énergies de sites tertiaires appartenant notamment à la grande distribution, où le développement des technologies de communication facilite la collecte des données et la mise en œuvre des effacements. Il a souligné que les opérations devaient intégrer les exigences opérationnelles du client aussi bien que la rentabilité, et que la clé pour la mise en œuvre réussie des flexibilités résidait le plus souvent dans la culture d’entreprise vis-à-vis de la gestion de l’énergie.

L’effacement diffus au service du système électrique

Cédric Léonard a rappelé au nom de RTE que tous les mécanismes de marché sont ouverts aux effacements. Ainsi, 15-20% de la réserve primaire et 40 à 50% de la réserve rapide sont désormais couvertes par des effacements, majoritairement industriels. Pour toutes les familles de flexibilité, cette ouverture des différents mécanismes leur permet de chercher à se valoriser au mieux en fonction de leurs caractéristiques propres, telles que leur réactivité et leur capacité à servir à l’équilibrage proche du temps réel. Il a cependant noté que, compte tenu des besoins du système électrique, les mécanismes les plus rémunérateurs étaient aussi relativement limités en volume.

Sandrine Chevalier, pour Enedis, a indiqué que la localisation géographique était également un critère déterminant dans la valeur d’une flexibilité pour le système électrique. Elle a dressé le bilan de la consultation lancée par Enedis sur les flexibilités locales. Si les congestions sur le réseau public de distribution sont aujourd’hui peu importantes et laissent entrevoir une valorisation économique globalement limitée pour ce service de flexibilité à court-terme, il peut néanmoins constituer une niche pour certaines flexibilités et un optimum économique pour le réseau, que les prochains appels à manifestation d’intérêt lancés d’ici fin 2019 par Enedis permettront d’explorer.

Cédric De Jonghe et Adrien Doré ont témoigné des expériences de l’agrégateur Actility Energy en France et à l’étranger et ont plaidé pour une bonne coordination entre gestionnaires des réseaux de transport et de distribution, afin que les acteurs de marché puissent optimiser l’usage des flexibilités qu’ils proposent et répondre au mieux aux besoins du système électrique. Ils ont pointé quelques évolutions réglementaires qui pourraient encore faciliter le recours à ces solutions, tout en reconnaissant que beaucoup d’exigences techniques, concernant par exemple la mesure et la fiabilité, avaient déjà été adaptées pour s’appliquer aux caractéristiques spécifiques du diffus.

L’essor des véhicules électriques : une opportunité pour le système électrique

Olivier Hersent, fondateur d’Actility Energy, a partagé sa vision de la mobilité électrique, qui est selon lui incontournable pour répondre aux enjeux de mobilité propre. Si le pilotage de la recharge de plusieurs millions de véhicules électriques peut représenter une valeur importante grâce aux services rendus aux réseaux de transport et de distribution, ce pilotage est aussi une nécessité au regard des contraintes plus locales qui peuvent exister dans les réseaux internes des bâtiments eux-mêmes. A ce titre, Olivier Hersent a regretté que la flexibilité des consommations électriques ne soit pas un critère valorisé dans la réglementation du bâtiment.

Eric Mevellec a présenté l’expérience de DREEV, qui a fait le choix de s’adresser aux entreprises qui basculent leurs flottes vers les véhicules électriques. L’enseignement tiré des premiers mois d’expérience est que les clients sont intéressés par les gains économiques qu’ils peuvent partager avec l’opérateur lorsque les batteries des véhicules rendent des services au système. Pour autant un accompagnement spécifique est nécessaire pour faire accepter l’accès par un tiers aux données et au pilotage des batteries.

Isabelle Fournier, membre de la Commission nationale Syndic de la FNAIM, a donné le point de vue d’un syndic concernant le développement de la mobilité électrique pour les personnes habitant en copropriété. Cet enjeu étant essentiel pour permettre de décarboner le secteur des transports individuels, Isabelle Fournier estime qu’il faut mettre en avant les solutions de flexibilité afin d’améliorer l’équation financière et faciliter la décision d’installer des bornes de recharge. Elle a par ailleurs estimé qu’il fallait modifier les règles de gouvernance afin d’obliger les assemblées générales de copropriété à prendre des résolutions sur les bornes de recharge, et non au cas par cas avec des délais et des coûts sous-optimaux, tout en privilégiant le principe de « silence vaut acceptation ».

Cette demi-journée de débats a permis de partager le constat que, dès aujourd’hui et encore plus à l’avenir, le système électrique avait besoin de flexibilités. Les effacements, et notamment les effacements diffus, ont un rôle essentiel à jouer pour contribuer à répondre à ces besoins.

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