Nouveau Diagnostic de Performance Energétique : Comment en faire un véritable outil au service de la transition énergétique ?

Future pierre angulaire de la politique nationale de rénovation des bâtiments, la nouvelle version du Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) est en cours de finalisation. Renforcé par la loi énergie et climat et les travaux de fiabilisation entamés fin 2018, le DPE doit évoluer pour devenir en 2021 un véritable bilan fiable et complet de la performance énergétique et climatique d’un logement. Autre enjeu de ces évolutions : en faire un outil enfin appropriable par le plus grand nombre. Dans le cadre d’une consultation publique lancée en mars 2020, le Ministère de la Transition Écologique et Solidaire a ainsi dévoilé un projet de maquette et de méthode de calcul du futur diagnostic. Dans sa réponse à la consultation,si elle souligne que de nombreuses améliorations ont été apportées au DPE, l’UFE souligne que le nouveau DPE doit permettre d’accroître l’efficacité énergétique des logements mais aussi viser la diminution de leurs émissions de GES. L’UFE souligne aussi la nécessité d’en accroître sa compréhension pour les consommateurs et les professionnels de l’immobilier.

Une place encore trop faible laissée au climat

Alors que le secteur du bâtiment est le deuxième secteur en termes d’émissions de gaz à effet de serre (GES), l’importance accordée aux enjeux climatiques dans l’ensemble du projet est encore trop faible. Il est en effet primordial que le nouveau DPE permette aussi bien d’accroître l’efficacité énergétique des logements que la diminution de leurs émissions de GES. Ainsi, l’UFE propose que les « recommandations d’amélioration de la performance énergétique » incluent également l’amélioration de la performance climatique c’est-à-dire la baisse des émissions de CO2 du logement.

Le nouveau DPE doit également être un levier pour inciter aux remplacements des énergies fossiles dans le bâtiment par des énergies décarbonées. En effet, outre la réduction des consommations d’énergies, un élément essentiel pour atteindre la décarbonation complète du secteur du bâtiment à l’horizon 2050 est de privilégier les vecteurs énergétiques les plus décarbonés. De plus, pour encourager la production renouvelable à l’échelle du bâtiment, l’UFE propose d’afficher le volume annuel de production totale d’énergie du bâtiment (par exemple le volume d’électricité produite par des panneaux photovoltaïques) plutôt qu’un taux d’autoconsommation. Un tel affichage permettrait à la fois d’éviter que l’occupant assimile l’autoconsommation, qui doit être encouragée par ailleurs, à une économie d’énergie et d’optimiser la production renouvelable totale du logement, seul élément pertinent du point de vue de l’atteinte des objectifs de déploiement des EnR.

Au-delà, il apparaît nécessaire de questionner l’intelligibilité de l’étiquette climat. Les notions de GES et d’émissions de CO2 sont assez abstraites pour la plupart des citoyens, à l’inverse de l’énergie qui fait l’objet d’un comptage. Aussi, si l’objectif est de provoquer une prise de conscience climatique, il peut être pertinent de remplacer sur l’étiquette les termes « peu d’émissions de CO2 » et « émissions très importantes », trop neutres, par des expressions plus évocatrices comme par exemple « logement durable » et « logement aggravant le réchauffement climatique ». L’étiquette climat manque aussi d’un objectif clair adressé au propriétaire et à l’occupant des lieux sur la cible à atteindre pour respecter les objectifs de neutralité carbone en 2050.

DPE : Donner la Possibilité aux citoyens de comprendre les Enjeux

Plus que l’importance accordée aux nombreux calculs techniques nécessaires qui permettent de situer correctement un logement sur les deux étiquettes, il convient de garder à l’esprit que le DPE doit avant tout être un document facilement compréhensible par les ménages, et ce afin d’inciter aux travaux de rénovation. En ce sens, le choix des couleurs, icônes et la disposition des éléments font de ce nouveau DPE un document relativement clair et agréable à lire.

Déjà en 2019 dans sa note de position sur la fiabilisation du DPE, l’UFE rappelait que les ménages cherchaient à comparer le DPE à leurs consommations d’énergie renseignées dans leur facture ou plus directement à leur facture. Dans la nouvelle version du DPE, l’UFE propose donc de privilégier l’affichage des seuils et niveaux de consommation d’énergie en énergie finale, qui correspond à l’énergie livrée figurant sur les factures, en conservant, pour des raisons de respect des dispositions législatives, la référence à l’énergie primaire sous la ligne énergie totale des usages. L’UFE rappelle également la nécessité de maintenir un niveau d’ambition élevé en matière de rénovation énergétique. Par ailleurs, si la mise en avant du volet estimant les coûts annuels des consommations énergétiques conventionnelles est un élément positif, l’UFE recommande de le compléter par des estimations de ces coûts après la réalisation de travaux d’efficacité énergétique.

Enfin, dans une optique de rendre les logements résilients face au changement climatique, l’intégration, dans le bâti, d’éléments permettant de rafraîchir le bâtiment en période chaude est un enjeu majeur à la fois s’agissant du confort de vie mais aussi et surtout sur le plan de la santé publique. La mise en avant d’un volet sur le confort d’été dans la nouvelle maquette du DPE est évidemment un élément à saluer ; il serait cependant nécessaire d’élargir le périmètre des solutions améliorant le confort d’été, pour intégrer certaines solutions de production de froid comme les pompes à chaleur réversibles, afin notamment d’éviter l’installation a posteriori d’appareils mobiles très énergivores.

Plus complète et pédagogique sur les aspects énergétiques et climatiques, cette nouvelle version du DPE apporte incontestablement une meilleure lisibilité par rapport à la version actuelle. Pour autant, le déséquilibre au détriment de l’étiquette climat subsiste entre les deux dimensions du DPE symbolisées par les étiquettes énergie et climat, au détriment de l’étiquette climat, manquant ainsi sa cible pour sensibiliser les citoyens. Comme le montrent les récentes propositions issues de la Convention Citoyenne pour le Climat, les citoyens sont de plus en plus sensibles aux enjeux climatiques et à l’urgence d’agir : le Gouvernement se doit de saisir pleinement l’opportunité de la révision du DPE pour harmoniser la politique de rénovation avec les objectifs fixés dans la stratégie pour l’énergie et le climat.

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