Lutte contre le changement climatique : quand l’argent est aussi au cœur de la bataille

En appelant, dans sa tribune mardi 5 mars dernier, à la création d’une banque européenne du climat, le Président de la République élargit au périmètre européen le constat du manque de financement pour la transition énergétique et la lutte contre le changement climatique. Il sollicite ainsi la mise en place d’outils financiers d’une ampleur inédite pour être à la hauteur des enjeux environnementaux et climatiques de notre temps. Il prend ainsi acte de l’impasse dont notre continent doit sortir pour juguler les émissions de gaz à effet de serre, singulièrement dans le bâtiment et la mobilité pour ce qui concerne la France. Mais, il s’agira aussi d’affecter les fonds alors créés aux actions possédant la plus grande efficacité climatique ! Dans ce même esprit, plusieurs personnalités viennent de lancer l’idée d’un grand Plan Marshall pour le Climat et d’un Pacte Climat Européen.

Nombreux sont ceux qui nous alertent depuis des années sur le dérèglement climatique : pour ne citer que les plus récents, l’ONU, en 2017, constatant l’écart « catastrophique » qui existe entre les engagements des Etats et les efforts qu’il faudrait faire ; les différents rapports du GIEC, dont encore celui de l’automne dernier … Tous ces appels sont récurrents et, pourtant, peu est fait. Pendant ce temps, les événements climatiques anormaux sont de plus en plus fréquents, à l’image de ces températures qui s’envolent à des périodes atypiques de l’année (26 degrés mesurés le 27 février dernier dans le sud de la France, pics de chaleurs en 2018 …).

Prendre de la hauteur pour mesurer le chemin à parcourir

Les constats sont partagés et sans appel : la lutte contre le changement climatique manque d’apports financiers. Ces derniers, s’ils sont bien orientés et accompagnés de changement de comportements, permettront à l’Europe de prendre le leadership pour des évolutions plus larges au niveau mondial.

Dans une étude récemment présentée chez France Stratégie, l’institut I4CE montre qu’il manque, en France, 10 à 30 milliards d’euros d’investissements par an pour atteindre la trajectoire vers l’Accord de Paris que la France s’est elle-même fixée. Ces montants ne doivent pas nécessairement être des investissements publics, mais peuvent également être portés par le secteur privé. Où l’argent manque-t-il ? On ne parle souvent que des investissements dans l’électricité renouvelable, or c’est le secteur où les opérateurs se sont le plus mobilisés et où les retards sont les plus faibles ! L’argent vient à manquer essentiellement dans la rénovation des logements (5 à 8 milliards €/an) et dans la mobilité bas carbone (5 à 6 milliards €/an) ! Ainsi, ne voulant pas accentuer notre dette financière, nous accentuons collectivement notre « dette climatique », pour reprendre les termes du Président de la République.

Une solution « scandaleusement simple » pour un problème immense !

En sortant du cadre, nous serons capables de relever collectivement le défi climatique tout en améliorant les conditions de niveau de vie des Européens. Des pistes de solutions émergent actuellement en France. Le 19 février, l’organisation pour un « Pacte Finance-Climat » a proposé une solution originale : réserver une partie de la création monétaire européenne à la Transition Energétique. Cette disposition permettrait de desserrer la contrainte des critères de convergence sur le déficit public et faciliterait donc l’orientation de fonds vers les actions favorables à la transition énergétique.

Cette idée « scandaleusement simple » a été lancée devant trois amphithéâtres remplis d’un public à l’image de la mobilisation de la société civile et rassemblait des chefs d’entreprises de tous bords, des étudiants, des personnalités politiques (pas moins de 3 anciens Premiers ministres français étaient présents !). L’ancien président de l’ADEME, Bruno Léchevin, l’économiste Pierre Larrouturou et le climatologue Jean Jouzel ont présenté les ambitions de ce pacte. Selon eux, la mise en œuvre permettrait de dégager plus de 1000 milliards d’euros pour l’Europe. Un montant minimum pour remettre notre continent sur la bonne trajectoire climatique !

Ainsi, si le constat de l’urgence climatique est maintenant largement partagé, l’identification de leviers financiers ne doit pas faire oublier que la lutte contre le dérèglement climatique ne sera efficace que si elle s’accompagne d’un leadership sociétal, politique et économique, seuls leviers réellement efficaces pour des actions larges et cohérentes au niveau mondial.

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