L’électricité, clé de voûte du bâtiment bas carbone

Fiabilisation du DPE, décret tertiaire, expérimentation E+C-, préparation de la réglementation environnementale 2020, future période des CEE : ces nombreux travaux en cours témoignent de la période charnière dans laquelle le secteur du bâtiment en France se trouve. C’est dans ce contexte que la filière électrique a dévoilé, lors du 10e colloque annuel de l’UFE, son étude sur la place de l’électricité dans le bâtiment. Une chose est certaine : l’électricité a un rôle de premier plan à jouer pour accompagner les transformations sociétale, énergétique et numérique déjà engagées. Comme cela a été confirmé au colloque de l’UFE : l’heure est désormais à l’action au regard de l’urgence climatique.

Le levier de l’électrification des usages

Prendre en compte le confort de l’utilisateur dès la conception du bâtiment, ou lors des travaux de rénovation, est une des recommandations fortes de l’étude de la filière électrique. Cette étude démontre comment l’électricité doit jouer un rôle majeur pour faire émerger un bâtiment performant, résiliant et évolutif, au service de l’usager. Ce constat a d’ailleurs été partagé par Philippe Pelletier, président du Plan Bâtiment Durable, qui a apprécié que l’étude de la filière électrique mette en relief la « nécessité de faciliter la transition énergétique via le traitement de sujets plus vastes comme la prise en compte du vieillissement de la population  ».

La nécessité de concilier lutte contre le réchauffement climatique et changements de modes de vie se retrouve ainsi au centre des deux approches complémentaires, quantitative et qualitative, mises en avant dans l’étude.

Dans son volet quantitatif, l’étude démontre que, contrairement à certaines idées reçues, une électrification des usages est pleinement compatible avec la réduction de la consommation énergétique totale visée par la SNBC (- 44 % de consommation d’énergie finale en 2050 par rapport à 2018). De même, l’efficacité climatique nécessaire à l’atteinte de la neutralité carbone ne signifie pas renoncer à la baisse de la consommation d’électricité dans le bâtiment ni à celle de la pointe électrique. En effet, le scénario mis en avant dans l’étude se base à la fois sur le déploiement des solutions électriques les plus performantes, notamment les pompes à chaleur, et sur la maîtrise de la demande, en énergie et en puissance, grâce par exemple au pilotage des consommations.

De plus, face au trop faible rythme actuel de rénovations il est peu probable que l’objectif de 700 000 rénovations annuelles fixé par la SNBC en 2050 soit atteint. Avec 500 000 rénovations, le scénario de la filière électrique se veut plus pragmatique et prouve que recentrer dès maintenant les travaux de rénovation énergétique du bâtiment sur les opérations les plus performantes, sur le plan énergétique et climatique, contribue à massifier efficacement le marché de la rénovation. D’autant plus que, comme le soulignait le président de la FFIE Emmanuel Gravier à la table ronde, « le mouvement est déjà enclenché : les installations d’efficacité énergétique alliant énergies renouvelables et numérique sont en plein boom ». Par ailleurs, mettre l’électricité au cœur du bâtiment de demain au côté des autres énergies bas-carbone, telles que la biomasse ou la chaleur renouvelable, permet une baisse plus rapide des émissions de GES dès 2030 et l’atteinte des objectifs de la SNBC en carbone tout en requérant un nombre de rénovations plus réaliste.

Enfin, dans sa partie qualitative, l’étude soutient un affichage de l’étiquette énergie du DPE compréhensible par les ménages, qui cherchent généralement à la comparer à leurs données de consommation d’énergie renseignées dans leur facture ou plus directement à leur facture. En ce sens Oliver David, chef de service du climat et de l’efficacité énergétique à la DGEC, a déclaré que « c’est l’énergie finale qui est importante pour l’usager, savoir combien il consomme d’énergie et combien il la paie, avec une étiquette énergie assez claire ».

L’efficacité énergétique indissociable de l’efficacité climatique

La réduction de la consommation d’énergie prend tout son sens si elle s’inscrit dans la lutte contre le réchauffement climatique et donc vise, en premier lieu, une diminution de la consommation des énergies fossiles.

Face au défi climatique, la DGEC a indiqué qu’elle partageait également les conclusions de l’étude quant au rôle central que l’électricité serait amenée à jouer dans le bâtiment, compte tenu de son caractère bas carbone. Pour le bâtiment neuf, Olivier David a évoqué la baisse du coefficient de conversion en énergie primaire revu à 2,3 pour prendre en compte la durée de vie du bâtiment et la méthode d’évaluation du facteur d’émission de l’électricité pour le chauffage qui serait modifiée pour être plus cohérente avec la réalité. Tous les calculs conduisent ainsi à établir ce facteur d’émissions à 80 gCO2/kWh. En conséquence, « des solutions qui étaient permises par la RT2012 ne le seront plus par la RE2020 ». Julien Hans, du CSTB, a rappelé que les premiers résultats de l’expérimentation « E+C- » montraient qu’il y avait « encore des gains considérables à aller chercher », et que le bâtiment devait s’inscrire dans une ambition zéro carbone comme cela est souligné dans l’étude.

Dorénavant les actions de rénovation doivent être cohérentes avec la trajectoire de décarbonation du bâtiment telle que prévue par le projet de SNBC et souhaitée par de plus en plus de citoyens. Philippe Pelletier, qui a pu assister à la convention citoyenne pour le climat, témoigne ainsi que « les personnes présentes trouvent que se limiter à l’efficacité énergétique, sans prendre en compte le carbone, c’est trop court ».

Ainsi, donner plus de place à l’électricité dans le bâtiment est cohérent avec la SNBC ainsi que l’objectif national de neutralité carbone à horizon 2050 et est un atout pour renforcer le confort des usagers. Pour concrétiser cela, la filière électrique formule 21 mesures concrètes pour restaurer la confiance et repenser la chaine de l’efficacité énergétique, en repartant des attentes des usagers et habitants. La place qu’occupe l’électricité dans le bâtiment du futur sera détaillée dans le rapport de l’étude via des fiches d’usages qui seront publiées au premier trimestre 2020.

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