Comment financer la neutralité carbone à l’horizon 2045 ? : la réponse d’Eurelectric

Le 26 septembre dernier, Eurelectric, l’association professionnelle représentant l’industrie électrique à l’échelle européenne, réunissait plus de 130 participants autour d’experts des questions énergétiques et climatiques, d’économistes et autres développeurs de projets afin de présenter son rapport E-invest. Fruit d’une réflexion de plus d’un an, ce rapport entend dresser un diagnostic du cadre de marché et de régulation en vigueur, afin d’évaluer leur capacité à déclencher les investissements nécessaires pour atteindre la neutralité carbone du secteur électrique à l’horizon 2045.

Pour rappel, Eurelectric estimait, dans son étude intitulée Quelle route pour la décarbonisation publiée au cours de l’année dernière, qu’il était nécessaire de mobiliser pas moins de cent milliards d’euros par an afin d’atteindre l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050, objectif pour lequel l’UFE s’était notamment engagée en juillet dernier. Il est donc crucial d’actionner les bons leviers afin de permettre les investissements dans la production d’énergie décarbonée, mais également dans le stockage, l’effacement ou encore les infrastructures de réseaux.

Opérer une révision du cadre réglementaire en vigueur

Comme le soulignait Juan Jose Alba Rios (Endesa), le Président du groupe de travail d’Eurelectric consacré au cadre de marché, en charge de superviser (de concert avec le groupe de travail dédié aux énergies renouvelables et au stockage) la rédaction du rapport, l’industrie électrique européenne a connu une baisse des investissements en 2018. Pour autant, cela ne doit pas être une fatalité. En effet, il existe, selon lui, des leviers d’actions, que ce soit par le biais de l’électrification ou encore au travers d’une réforme de la politique fiscale afin « d’arrêter de pénaliser l’électricité avec des taxes et des prélèvements ». En outre, fut également rappelée l’importance d’orienter le choix du consommateur grâce à un marché qui fournirait un signal prix à long terme.

Quels leviers pour encourager les investissements ?

Plusieurs intervenants ont rappelé qu’optimiser le coût de la transition énergétique signifie allouer les risques aux acteurs les mieux à mêmes de les gérer. Il convient donc de trouver le bon équilibre entre ceux portés par les investisseurs, et ceux portés par la collectivité. L’idée de recourir aux contrats pour différence ou à d’autres instruments de partage des risques fut ainsi avancée.
En ce qui concerne la nécessité de disposer de signaux de long-terme, les participants aux différentes tables rondes ont souligné l’importance de disposer d’un prix du CO2 robuste, en particulier sur le marché ETS, ainsi que le rôle clé des mécanismes de capacité.
Plus généralement, les échanges ont montré la nécessité d’entamer une réflexion d’ensemble sur le rôle du market design européen dans l’atteinte des objectifs de transition énergétique : compte tenu des montants d’investissements nécessaires, dans les énergies renouvelables et la production décarbonée, dans des solutions de flexibilité comme l’effacement ou le stockage, ou encore dans les réseaux électriques, il s’agit d’un enjeu crucial pour les décennies à venir !

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