C’est la rentrée : L’Union Européenne effectue sa mue

Le 10 septembre dernier, point d’orgue d’un renouvellement institutionnel à l’échelle européenne entamé avec les élections de mai dernier, Ursula von der Leyen levait le voile sur la composition souhaitée de la future Commission européenne. Dans l’optique de recueillir l’assentiment des eurodéputés réunis en plénière le 23 octobre prochain, l’exécutif européen devra réussir à démontrer que la lutte contre le changement climatique sera bien la priorité numéro un des cinq prochaines années en Europe.

En novembre 2018, la Commission européenne affichait sa volonté d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050, une ambition partagée par l’UFE dans une note de position publiée en juillet dernier. Pour autant, alors que le chemin à parcourir est encore long et sinueux, l’urgence climatique oblige l’ensemble des acteurs à adopter des mesures concrètes et ce, sans plus tarder.

La mise en place d’un European Green Deal, l’une des pierres angulaires de la future politique européenne

Afin de se donner les moyens de ses ambitions, la Commission s’appuiera sur une organisation inédite puisqu’articulée autour de trois grands portefeuilles : le premier étant consacré à la mise en œuvre d’un Pacte Vert Européen (dit European Green Deal), le deuxième à la digitalisation et le troisième relatif au volet économique. L’UFE salue cette initiative qui permettra d’avoir une politique plus inclusive et transsectorielle. En effet, le déploiement prévu pour fin janvier 2020 du Green Deal, censé graver dans le marbre l’objectif de décarbonation, ne pouvait et ne pourra se faire sans recourir à une approche systémique et inclusive intégrant, l’énergie, les transports, l’économie circulaire, l’agriculture ou encore la politique de cohésion sociale au sein d’une réflexion d’ensemble. En sa qualité d’association professionnelle du secteur de l’électricité, l’UFE se réjouit également de l’ambition affichée par la future Présidente de la Commission de doter l’UE, par le truchement de la compétence concurrentielle, d’une véritable politique industrielle. Cela doit permettre de garantir la compétitivité et les emplois de notre industrie électrique qui sera amenée à jouer un rôle fondamental dans le façonnage du modèle de croissance durable de demain.

Un agenda politique brûlant pour les chefs d’État et de gouvernement

Empêtrés dans les négociations relatives au Brexit, dont le dénouement est cette fois attendu pour le 31 octobre, les États membres devront également réussir à s’entendre sur une déclaration commune soutenant la neutralité carbone à l’horizon 2050 alors que quatre pays demeurent encore réticents. En ce sens, afin de tenter de convaincre ses homologues, la Présidence Finlandaise multiplie les réunions ministérielles (agriculture, environnement, défense, affaires étrangères, finances) avec la question climatique à l’ordre du jour. Cela a notamment récemment pu déboucher sur des réflexions concernant la révision de la directive relative à la taxation des produits énergétiques et de l’électricité, la question du stockage du carbone dans les sols ou encore le prix du carbone.

La fin de l’année calendaire sera également marquée par l’adoption des plans nationaux énergie et climat pour la période 2020-2030 censés indiquer comment les États membres entendent respectivement contribuer aux objectifs à long terme de réduction des émissions de gaz à effet de serre dans le cadre des Accords de Paris. En vue de cette étape structurante pour les années à venir, l’UFE entend être particulièrement attentive à la réponse apportée par la France notamment en ce qui concerne la mise en œuvre du Paquet énergie propre ainsi que sur la fin des subventions, incluant les niches fiscales, bénéficiant aux énergies fossiles sur notre territoire. De son côté, l’UE s’est déjà engagée en ce sens puisque la Banque Européenne d’Investissement (BEI) a d’ores et déjà prévu d’arrêter de financer les énergies fossiles à compter de 2021.

Enfin, devra également être tranché le nœud gordien que représente la question du financement de la transition énergétique alors que la Banque Européenne d’Investissement (BEI) estimait récemment qu’il était nécessaire d’investir mille milliards d’euros au cours de la prochaine décennie. Parmi les pistes évoquées, pourrait être opérée, à partir de la fin de l’année, une réforme de la BEI afin de la transformer en une Banque du Climat. Plus généralement, cela s’inscrirait dans une logique d’assouplissement des règles budgétaires européennes en vigueur qui permettrait in fine de doubler les investissements dédiés au climat d’ici 2025. Si l’UFE soutient une telle démarche, elle souhaite rappeler l’importance d’allouer une partie desdits financements à la création d’un fonds pour la transition juste, gage de justice et d’acceptabilité sociale.

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