Brexit : l’amour dure 47 ans

Le 23 juin 2016, David Cameron, alors Premier ministre britannique, organisait un référendum dont le résultat acta la volonté du Royaume-Uni de sortir de l’Union européenne (UE). Il aura néanmoins fallu attendre un peu plus de trois ans et demi – plus exactement 1317 jours – pour que ce qui s’avèrera être bien plus qu’un simple pari politique perdu, se concrétise enfin. Pour autant, bien que le Brexit soit juridiquement devenu effectif le 31 janvier à 00h00 heure française, le feuilleton n’a pas encore trouvé son épilogue puisque subsiste l’épineuse question des relations futures entre les deux parties. L’UFE fait le point sur les discussions en cours et les conséquences qui pourraient en découler pour le secteur électrique.

L’UE et le Royaume-Uni sont donc désormais, selon la dénomination retenue, dans une période de transition qui s’achèvera le 31 décembre 2020, date qui correspond à la fin de l’actuel budget pluriannuel de l’UE. En somme, cela signifie qu’au cours de cette période, les britanniques continueront d’appliquer les règles de droit communautaire et de contribuer au budget européen. Si la possibilité d’étendre ladite période de transition jusqu’en 2022 demeure, l’exécutif britannique écarte pour l’instant cette option, obligeant les parties prenantes à maintenir le rythme effréné des pourparlers.

Quel futur pour le marché de l’électricité ?

Bien que certains sujets de négociation comme la question du contrôle des marchandises aux frontières ou encore le maintien du programme Erasmus occupent plus facilement l’espace médiatique, la problématique liée au bon fonctionnement du marché intérieur de l’électricité n’en demeure pas moins cruciale.

A l’heure actuelle, l’approche qui sera retenue concernant la gestion de l’approvisionnement en l’électricité n’est pas encore arrêtée, et pourrait ne pas l’être avant la fin de l’année. Pour rappel, le Royaume-Uni bénéficie de la règlementation européenne en vigueur visant à faciliter les échanges d’électricité sur les marchés de court et long-terme : le couplage des marchés de l’électricité. Ce couplage, par le biais d’allocations implicites des capacités transfrontalières, permet d’assurer une meilleure convergence des prix et ainsi des gains économiques de part et d’autre. Néanmoins, l’une des pistes évoquées afin de maintenir sa participation au mécanisme de couplage serait la conclusion d’un accord bilatéral, à l’image de la Norvège qui, elle, bénéficie d’une intégration au marché de l’énergie européen.

Ce n’est qu’un au revoir

C’est sur la mélodie d’Auld Lang Syne (« Ce n’est qu’un au revoir ») que les députés européens ont, le 29 janvier dernier, salué les 73 eurodéputés venus d’outre-Manche et ce, après avoir formellement approuvé l’accord de sortie du Royaume-Uni (621 voix pour, 49 contre, 13 abstentions). Un moment historique teinté de mélancolie qui marque le début d’une nouvelle recomposition au sein de l’hémicycle qui ne sera désormais plus composé que de 705 membres. En effet, si 27 nouveaux députés élus en mai dernier vont donc faire leur entrée au sein du Parlement européen, les 46 sièges restants seront temporairement gelés dans l’hypothèse d’un futur élargissement. Plus concrètement encore, les effectifs du côté des Libéraux et des Verts vont diminuer, modifiant quelque peu l’équilibre politique.

Si les britanniques avaient volontairement fait le choix de ne pas soumettre de candidat au poste de commissaire européen et étaient plus ou moins restés en retrait lors des négociations qui se tenaient au sein du Conseil, les premières conséquences politiques du Brexit commencent donc à se manifester plus concrètement. L’UFE entend rester particulièrement vigilante à cela, afin que soit respectée l’ambition européenne affichée dernièrement au sein du Pacte Vert Européen et au travers de l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050, en particulier en maintenant un prix du carbone robuste et en préservant l’intégrité du marché européen du carbone (EU ETS).. Une coopération étroite et loyale entre les parties prenantes sera ainsi, plus que jamais, nécessaire. L’UFE aura à cœur de défendre la place prépondérante de la filière électrique française qui sera amenée à jouer un rôle déterminant dans l’Europe de moins en moins carbonée et de plus en plus renouvelable de demain.

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