Programmation Pluriannuelle de l’Energie ou la nécessité de reboucler sur une vision d’ensemble

Après plusieurs mois d’ateliers thématiques à dimension technique, la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE) entre dans sa phase la plus politique : celle des débats, organisés par la Commission Nationale du Débat Public, et des arbitrages. L’occasion pour l’UFE de rappeler deux points-clés : au-delà des objectifs de la PPE, indispensables à la sécurité d’approvisionnement du pays, la transition énergétique doit être pilotée dans le cadre de la Stratégie Nationale Bas Carbone afin de répondre prioritairement au défi de la lutte contre le changement climatique. Elle doit aussi être menée dans une approche complète : industrielle, économique et sociale.

Le premier point que l’UFE juge indispensable de rappeler est que la PPE a pour vocation – c’est son titre-même – de programmer les investissements, dans la production et l’adaptation des réseaux, afin de garantir la sécurité d’approvisionnement énergétique du pays.

L’évolution du mix électrique doit respecter un impératif climatique

C’est une certitude et l’UFE continuera d’être force de propositions sur ces sujets, en particulier dans le cadre du plan Accélérer la Transition Energétiques (AcTE) : les EnR sont amenées à prendre une part croissante, dans l’électricité comme dans tous les vecteurs énergétiques. Il importe d’être ambitieux, sur les objectifs mais surtout sur les moyens de les atteindre. L’UFE salue la volonté du gouvernement de travailler les enjeux spécifiques à chaque filière afin notamment de regarder ce qui peut freiner la réalisation des projets et leur raccordement au réseau électrique. La France continuera par ailleurs à avoir besoin de production d’électricité à partir de centrales programmables à faibles émissions de CO2 – nucléaires, hydrauliques, bioénergies – en complément des productions d’EnR variables.
L’UFE s’associe également pleinement au mandat très clair donné par Nicolas Hulot pour la PPE : les émissions de CO2 de la production d’électricité ne doivent pas augmenter. Substituer des nouvelles centrales à énergies fossiles à la production nucléaire serait un non-sens, alors même que les derniers indicateurs publiés de la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) rappellent le retard de la France pour diviser par 4 ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050, et à plus forte raison pour les annuler complètement et atteindre la neutralité carbone.

Une politique ambitieuse d’efficacité énergétique est compatible avec une hausse de la demande d’électricité

Concernant les perspectives les plus probables des prochaines années pour la consommation d’électricité, RTE considère dans son dernier Bilan Prévisionnel (BP) qu’elles sont orientées à la stabilité ou à la baisse d’ici 2035. RTE a toutefois également rappelé au cours de la présentation effectuée dans l’atelier de la PPE consacré au mix électrique que les scénarios du BP n’étaient pas des « encadrants » et qu’une hausse de la consommation n’était « pas impossible ».
L’UFE tient donc à rappeler qu’elle estime une telle hausse non seulement possible mais également souhaitable, si elle intervient pour de « bonnes » raisons. C’est-à-dire, non pas du fait de politiques d’efficacité énergétique moins ambitieuses, mais au contraire parce que ces politiques auraient favorisé en priorité les économies d’énergies fossiles et incité, en complément des économies « nettes », à la substitution de ces énergies par la chaleur renouvelable et l’électricité. Un tel scénario, d’efficacité climatique, est également bon pour l’emploi : l’électricité ne représente que 25% des consommations mais génère 70% des emplois liés à l’énergie en France.

Préserver la compétitivité économique et accompagner les transitions professionnelles

Dans son étude « L’électricité au service d’une transition écologique et solidaire », publiée en décembre dernier, l’UFE a souligné les atouts de l’électricité. L’électricité est une filière industrielle d’excellence et un atout pour que la France réussisse la décarbonation de son économie dans les meilleures conditions possibles. En moyenne 7 fois moins carbonée que l’électricité européenne, l’électricité française est également une des moins chères. Elle représente environ 378 000 emplois directs et indirects pour produire l’électricité en France, l’acheminer via les réseaux électriques et la commercialiser auprès des consommateurs. En ajoutant les emplois correspondant aux services énergétiques, aux activités destinées à l’export, et en intégrant l’ensemble des activités comme la fabrication ou l’installation des équipements électriques et électroniques, l’ensemble de la filière électrique pèse près d’1 million d’emplois en France.
Il est donc essentiel pour l’économie du pays que les choix concernant le maintien ou la fermeture de moyens de production existants, les investissements dans de nouveaux moyens de production s’appuient sur ces atouts. Ils doivent permettre de continuer à répondre à l’attente forte des consommateurs de disposer d’une énergie compétitive et de qualité. La structuration des nouvelles filières doit aussi maximiser la création d’emplois sur les territoires. L’étude de l’UFE montre que la transition énergétique a le potentiel de créer des emplois, pour l’économie française dans son ensemble, mais que dans l’électricité l’évolution du mix ne génèrera pas de gain en emplois par rapport à la situation actuelle. L’enjeu social se situe donc non seulement sur l’estimation des volumes d’emplois d’aujourd’hui et de demain mais davantage encore sur le développement des compétences et l’accompagnement des parcours professionnels des salariés concernés par les évolutions résultant des décisions politiques, dans une temporalité qui doit être réaliste et maîtrisée. Ces enjeux concernent les salariés du secteur de l’énergie mais également ceux d’autres secteurs comme le bâtiment, le transport, ou le numérique. Ce sont aussi des enjeux locaux parce que les dynamiques se joueront essentiellement au sein des territoires et des bassins d’emplois. C’est pourquoi l’UFE poursuivra en 2018 son implication dans l’accompagnement des contrats de transition écologique. L’audit en cours des contrats de filière est également une opportunité pour regarder ces questions de manière collective et pragmatique au regard de l’importance des ruptures en cours, des attentes des consommateurs et des réalités économiques, industrielles et sociales.
Enfin, au-delà de l’horizon temporel de 2028 qui est celui de la PPE, l’UFE inscrit ses orientations dans une approche sur les enjeux de long terme, aussi bien techniques que sociétaux, de la mutation du système électrique. Là encore, l’UFE contribuera à mettre en perspective les futurs possibles dans une vision globale d’un monde sobre en énergie, neutre en émissions de carbone, où moyens de production comme de consommation participent activement à l’équilibre du système électrique.

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