Plan Climat, SNBC, PPE : comment rattraper le retard climatique ?

A l’occasion du premier anniversaire du Plan Climat le 6 juillet, Nicolas Hulot a fait un sombre constat : « cette année a été une sinistre bande-annonce de ce que l’on va vivre sur le changement climatique ». En effet, après une longue période de baisse régulière, les émissions de gaz à effet de serre (GES) en France sont reparties à la hausse depuis quelques années. Le 19 juillet, un comité de pilotage conjoint de la SNBC (Stratégie Nationale Bas Carbone) et de la PPE (Programmation Pluriannuelle de l’Energie) faisait le point sur les retards pris et sur les pistes de solutions.

Le premier constat est implacable : en raison de la hausse des émissions de gaz à effet de serre, la France dépassera son premier budget carbone, couvrant la période 2015-2018, d’environ 18 Mt/an. Les décalages avec les objectifs concernent le secteur des transports, en raison de l’augmentation du trafic routier et du niveau d’émissions des véhicules thermiques neufs, et le secteur du bâtiment, dont le nombre et la performance des rénovations énergétiques ne sont pas au rendez-vous dans un contexte de prix d’énergies bas. Compte tenu des effets inévitables d’inertie, la France dépassera également son deuxième budget carbone, pour la période 2019-2023, a minima de 24 Mt/an malgré des mesures supplémentaires pour tenter de redresser la trajectoire. Ces dépassements chroniques devraient contraindre la France à une plus grande ambition pour les budgets suivants, les excès de gaz à effet de serre se cumulant dans l’atmosphère.

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La France est donc à la croisée des chemins, alors que la Commission européenne publiera d’ici novembre une nouvelle stratégie de long terme de décarbonation, en s’appuyant sur les feuilles de route de chaque Etat-Membre. A l’horizon 2050, considérant la profondeur des puits de carbone, la France maintient son ambition de réduire ses émissions annuelles à 80 Mt CO2éq, c’est-à-dire à la neutralité carbone Le scénario de la SNBC pour y parvenir, esquissé le 19 juillet, vise le retour à la trajectoire initialement prévue à partir du troisième budget carbone uniquement, (période 2024-2028), à condition de mettre en place un paquet ambitieux d’instruments supplémentaires de politique publique.

Quelles mesures pour revenir sur le bon chemin ?

Un des enseignements de ce scénario, intégré dans la future PPE, est qu’il ne parvient pas tout à fait à rattraper le retard pris en termes d’économies d’énergie, puisque la baisse de la consommation serait de 17% en 2030 alors que la loi vise une baisse de 20%, mais qu’il respecte l’objectif climatique grâce à un effort plus important sur les énergies fossiles, conduisant à une baisse de 40% de leur consommation quand la loi vise -30%. Cette logique d’efficacité énergétique priorisée sur la baisse des énergies fossiles maximise les retombées macro-économiques positives pour notre pays. Selon ce scénario également, la demande en énergie finale décarbonée restera importante en 2050. Ce qui supposera la mobilisation au maximum du potentiel de biomasse, dont les ressources restent néanmoins contraintes, ainsi que sur la production d’électricité et de gaz décarboné. Selon ce scénario, la demande d’électricité décroît (hors production d’hydrogène) jusqu’en 2030, puis remonte jusqu’en 2050, du fait de l’accélération des transferts d’usages vers l’électricité décarbonée notamment dans les transports et l’industrie.
Concrètement, les modélisations de l’administration montrent que les moyens pour être à la hauteur de nos ambitions reposeront sur un bouquet de solutions complémentaires, dans tous les secteurs de l’économie. Dans le bâtiment, les efforts sur la rénovation devront s’accompagner d’une meilleure maîtrise de la demande en énergie grâce aux technologies intelligentes de pilotage des consommations, tandis que le remplacement des chaudières les plus polluantes sera incité grâce au dispositif « coup de pouce » des Certificats d’Economie d’Energie. Dans le secteur des transports, l’évolution des usages au bénéfice notamment des transports en commun et l’accélération du remplacement des véhicules thermiques par des véhicules électriques seront indispensables. Dans le secteur de l’industrie, les énergies fossiles seront remplacées par des solutions décarbonées avec notamment l’émergence de l’hydrogène produit par électrolyse de l’eau en substitution de l’hydrogène gris.
Les prochaines étapes pour le gouvernement seront de soumettre à consultation les projets de SNBC et de PPE à partir de cet été. Pour la première fois, et c’était une demande forte de l’UFE, la PPE sera accompagnée d’un plan de programmation des emplois et des compétences. Ce sera l’occasion de rappeler non seulement à quel point l’électricité est une énergie « vecteur » d’une économie décarbonée mais aussi d’insister sur l’enjeu des transitions professionnelles. En effet, si l’électricité ne représente aujourd’hui que 25% de nos consommations finales d’énergie, elle est la première énergie en nombre d’emplois sur le territoire, car c’est une des rares que l’on peut produire localement.

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