Ouragans Irma et Maria : les électriciens se mobilisent !

Le 6 septembre 2017, les iles de Saint Barthélémy puis Saint Martin ont été touchées par l’ouragan Irma occasionnant des dégâts majeurs sur les deux îles. 2 semaines après cette catastrophe, c’est le tour des iles de la Guadeloupe (et de la Martinique dans une moindre mesure) de subir l’assaut de l’ouragan Maria. Où en est la situation dans les caraïbes, notamment du point de vue du système électrique ?


Le système électrique est une infrastructure vitale pour les îles de la Guadeloupe, de Saint Martin et Saint Barthélémy. La terrible situation vécue sur ces îles des Antilles nous le rappelle durement. Pour assurer la permanence du service public de l’électricité et les besoins vitaux des populations, la mobilisation est aujourd’hui intense comme elle l’a déjà été par le passé. Compte tenu de l’importance des dégâts, elle va probablement durer plusieurs semaines.

Ces îles peuvent sembler paradisiaques mais sont en fait fragiles …

La vie dans les caraïbes n’est pas facile pour tous. La population de Guadeloupe est affectée par des difficultés économiques structurelles (la Guadeloupe se classe comme la 2° région de l’Union Européenne la plus touchée par le chômage, 23% en 2015). Dans toutes ces îles, les conditions de vie sont fortement dépendantes des infrastructures. En particulier, l’ensemble des produits de consommation courante est importé par air ou par bateau, rendant les ports et l’aéroport essentiels à l’habitabilité des iles. Pour illustration, la quantité de biens importés excède très largement les exportations de telle sorte que le taux de couverture des importations par des exportations de la Guadeloupe était de 6,5% en 2015. Sur les îles de Saint Barthélémy et Saint Martin, l’approvisionnement en eau ne se fait qu’avec récolte d’eau de pluie ou plus souvent par dessalement d’eau de mer.
Comme pour toutes les zones non interconnectées au réseau métropolitain, la gestion du système électrique de ces îles est confiée à EDF (Direction des Systèmes Energétiques Insulaires) qui exerce les missions de gestionnaire du réseau de distribution et de fournisseur d’électricité. La Guadeloupe produit l’électricité en grande partie (à 61%) à partir de fioul importé. Le complément est essentiellement porté par du charbon ou de la bagasse qui nécessitent des infrastructures de transport. Les îles de Saint Barthélémy et Saint martin possèdent chacune une usine de production de quelques dizaines de mégawatt de puissances (30 MW pour Saint Barthélémy et 50 MW pour Saint Martin), permettant d’alimenter les 5000 clients de Saint Barthélémy et les 16 000 clients de Saint Martin. Les lignes électriques présentent un taux d’enfouissement très supérieur à la moyenne nationale.

IRMA et MARIA : deux ouragans d’ampleur exceptionnelle, des dégâts catastrophiques

L’ouragan IRMA qui s’est formé le 29 août au large des côtes africaines s’est renforcé progressivement au cours de la semaine suivante pour finir par être classé en ouragan de catégorie 5, le 5 septembre. Sa superficie atteignait alors 335 000 km2 et il générait des vents de plus de 300 km/h. Son déplacement particulièrement lent l’a rendu très dévastateur lorsqu’il a touché les 2 petites îles de Saint Martin et Saint Barthélémy.
La zone orageuse à l’origine de MARIA s’est elle aussi formée au large des côtes africaines. Elle est classée en ouragan de catégorie 1 le 17 septembre. Puis en ouragan de catégorie 5 lors de son arrivée sur la Guadeloupe, le 19 septembre. Des vitesses de vent en rafale à 350 km/h sont enregistrées.
Dans les îles du nord, les dégâts produits par les vents extrêmes et la submersion sont immenses. Des victimes sont à déplorer. La quasi-totalité des bâtiments de Saint Martin et Saint Barthélémy sont détruits. Les aéroports sont inopérants ou très endommagés. Au lendemain du passage de l’ouragan, sur les 2 petites îles, les systèmes d’eau potable, les hôpitaux, les télécommunications, les voies de transports sont impraticables. L’alimentation électrique est complètement interrompue. La quasi-totalité des réseaux aériens en basse et moyenne tension est endommagée.

Une mobilisation intense, à la hauteur des dégâts

Dès les premières heures suivant la fin du phénomène, la priorité est donnée à la réalimentation d’urgence de sites tels que les hôpitaux, la gendarmerie, les ports et aéroports, ainsi que les usines de dessalement d’eau de mer. Ceci est rendu possible par la reprise rapide des moyens de production (peu affecté) ainsi que des manœuvres d’exploitation sur les réseaux souterrains.
Très rapidement l’ensemble du service public de l’électricité se mobilise pour prêter main forte aux équipes locales. Plus de 300 tonnes de matériel (notamment 50 groupes électrogènes), et une centaine de renforts en provenance de Guadeloupe, Martinique, Guyane, Corse et de la Métropole Continentale sont acheminés. Des moyens logistiques importants sont mobilisés, notamment pour permettre l’accueil des renforts humains dans un contexte où, en particulier à Saint-Martin, les conditions d’hébergement et de sécurité sont dégradées.
Les ONG dont la Croix rouge française et Electriciens sans frontières se mobilisent également. Ils appuient les équipes déjà sur place et les militaires. Ils sécurisent les installations intérieures des maisons qui ont vu leur toit arraché et donc leurs installations électriques exposées aux intempéries. Electriciens Sans Frontière concentre ses efforts sur la sécurisation des bâtiments scolaires. En parallèle, ESF appuie la distribution de kits solaires.
Une semaine après le passage de l’ouragan, tous les sites prioritaires identifiés à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy par les services de l’Etat sont réalimentés.
En Guadeloupe, l’ouragan Maria a surtout affecté les îles du Sud et le sud de la Basse-Terre. Les dégâts dans ces zones sont considérables sans être catastrophiques. Au départ, 80 000 clients sont coupés, mais les premières interventions permettent le rétablissement de la moitié d’entre eux en 48h.
Au final, le 22 septembre, grâce à cette importante mobilisation, le distributeur annonce être en mesure de restaurer l’accès à l’électricité pour 100% des habitants présents à Saint-Martin et Saint-Barthélemy sous 2 à 3 semaines, et de permettre à 90% des clients de Guadeloupe de retrouver une situation normale d’ici le 4 octobre.
Au-delà de toutes ces actions d’urgence pour répondre aux drames individuels qui se jouent actuellement, ces événements ne doivent pas nous faire oublier que l’amélioration de la résilience du système électrique fait partie du quotidien des équipes (enterrement des lignes, protection des moyens de production, …). C’est d’autant plus essentiel que dans un contexte de changement climatique induit pas nos émissions de CO2, ces événements climatiques extrêmes seront toujours plus fréquents.

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