Les Etats-Unis tournent le dos à l’Accord de Paris

Sur les 197 Etats reconnus par l’ONU, 195 ont signés l’Accord de Paris, reconnaissant la réalité du changement climatique et la nécessité de l’enrayer. Ils se sont engagés à prendre des mesures de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre pour limiter l’élévation des températures à 1,5°C. Pourtant, le 1er juin 2017, le président des Etats Unis, Donald Trump, vient de décider de se retirer de l’Accord signé par son prédécesseur isolant encore un peu plus son pays.

Le président aura attendu plusieurs mois avant de prendre une décision qu’il avait pourtant annoncée lors de sa campagne présidentielle. Et pour cause, elle est loin de faire consensus au sein de son propre camp. Mais le couperet est tombé : les Etats-Unis se retirent de l’Accord de Paris. Cela les place dans le camp des rares pays refusant de consentir les efforts nécessaires pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C. Le camp de l’inaction face au changement climatique réunirait donc désormais la Syrie, le Nicaragua et… Les Etats-Unis !

Un retrait politiquement complexe

Le retrait voulu par Donald Trump n’entraînera pas de conséquences immédiates au regard des longs processus de dénonciation d’un Accord international. Il reste donc une fenêtre d’action pour les autres Etats signataires, leur permettant de manifester leur propre volonté de poursuivre les efforts.
Pour se soustraire à leurs engagements, les USA doivent engager l’un des deux processus de retrait prévu par l’Accord. Le choix de la voie du retrait est lourd de conséquences pour Donald Trump. En effet, les USA peuvent faire le choix de dénoncer l’Accord, ce qui impose de respecter une procédure longue et complexe qui n’aboutirait qu’à la fin 2020, année de la prochaine élection présidentielle américaine ! Ou alors, le président décide de dénoncer la Convention-cadre des Nations Unies dans laquelle l’Accord de Paris s’inscrit, qui ne nécessite qu’un préavis d’un an, mais qui devrait être validée par le Congrès puisque c’est le Sénat qui avait validé la ratification de la Convention-cadre… Un choix risqué pour un président, souvent mis à mal à ce niveau, et au vu des réactions locales. Il pourrait se heurter à des oppositions fermes sur un sujet aussi sensible !
Par contre, l’hypothèse proposée par le président Trump et destinée à adoucir sa position, à savoir « I want to renegociate a better deal for the US », n’est tout simplement pas possible juridiquement. L’Accord de Paris n’est pas renégociable.

Quelles conséquences sur le niveau d’émission de gaz à effet de serre ?

Rappelons que les Etats-Unis s’étaient engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 26 à 28% d’ici 2025 par rapport au niveau observé en 2005. Selon les projections de Climate interactive, le non-respect par les USA de leurs engagements conduira à augmenter les émissions de CO2 de 3 milliards de tonnes par an d’ici 2030. Ce qui aurait pour conséquence, d’accroitre le réchauffement de la planète de 0,3°C.
Les Etats-Unis sont le deuxième plus gros émetteur de Gaz à effet de serre au monde (14,9% des émissions mondiales) derrière la Chine (28,6%) et loin devant l’UE (9,6%) et l’Inde (6,3%). Leur retrait de l’Accord aura des conséquences importantes pour l’ensemble des autres acteurs participant aux engagements de réduction. Une inaction climatique des USA imposera aux autres pays d’accroître leurs efforts pour préserver ce qui peut encore l’être (les études climatiques les plus récentes montrent un probable dépassement du critère 1,5°C bien avant la fin du siècle). Les pays les plus moteurs (et l’UE a un rôle d’entraînement réellement important) doivent accélérer leurs plans de décarbonation de leur économie. Il faut ici saluer le récent mais solide engagement de la Chine pour réduire ses propres émissions. L’Europe et la Chine sont clairement en position de prendre le leadership pour la protection du climat.

Des émissions nationales, une urgence mondiale

Mais, les systèmes énergétiques étant caractérisés par une inertie importante dans leur évolution, il y a vraiment urgence à agir. L’UFE appelle l’Union Européenne à se saisir de l’occasion de la révision des directives européennes relatives à l’énergie (cf éditos sur le clean energy package) pour mettre au point, puis mettre en œuvre des dispositifs encore plus engagés pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre, que ce soit dans la production d’électricité ou dans la consommation énergétique globale.
L’UFE réaffirme donc la force de l’engagement de la filière électrique française dans la lutte contre le changement climatique et la diminution des gaz à effet de serre. Les entreprises françaises sont des leaders mondiaux de la production d’électricité renouvelable ou décarbonée. Suite au retrait des USA de l’Accord de Paris, l’UFE appelle à un positionnement fort de l’Union Européenne afin qu’elle renforce clairement ses actions pour une réorientation en faveur de la décarbonation de l’économie et qu’elle appuie les industriels engagés dans ce combat. Tous les gouvernements européens doivent s’associer aux propositions du Président de la République française pour l’accueil et le soutien aux scientifiques mais aussi aux entrepreneurs des Etats-Unis qui souhaiteraient un cadre plus favorable à l’essor d’une économie en ligne avec la préservation du climat.

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