Leadership climatique : l’Union Européenne doit maintenant passer des paroles aux actes

La COP 23, qui s’est tenue du 6 au 17 novembre à Bonn, vient de s’achever. Il n’y avait pas de décisions ou d’effets d’annonce extraordinaires à attendre d’une COP qui se voulait surtout une COP de travail, afin de préparer l’échéance de 2018 et de la COP 24. A la suite de l’annonce du futur retrait des Etats-Unis de l’Accord de Paris, l’Union Européenne, et singulièrement le couple franco-allemand, ont cependant souhaité afficher leur volontarisme en matière de lutte contre le changement climatique. L’UFE en profite donc pour faire le point sur l’état de la politique climatique de l’Union.

Comme la COP 22 à Marrakech, la COP 23 était un point d’étape important dans la mise en œuvre de l’Accord de Paris : les nombreuses règles prévues par l’Accord sur des points clés tels que la transparence ou les méthodes de comptage des émissions de gaz à effet de serre doivent en effet être développées et négociées en vue de leur adoption en 2018, lors de la COP 24, qui se tiendra à Katowice en Pologne. C’est également en 2018 que le GIEC devrait rendre son rapport spécial sur la possibilité de limiter le changement climatique à 1,5°C, objectif inscrit dans l’Accord de Paris.
La COP 23 a aussi été l’occasion pour les pays du Sud d’appeler les pays du Nord à tenir leurs engagements, notamment en matière de financement. La présidence fidjienne a en particulier souhaité attirer l’attention de la communauté internationale sur la vulnérabilité des territoires insulaires, que les catastrophes naturelles de cette année avaient déjà tragiquement mise en lumière.

Leadership climatique : après l’annonce du futur retrait des Etats-Unis, l’Europe sera-t-elle à la hauteur ?

L’annonce du retrait des Etats-Unis a pu faire craindre un blocage de l’avancée des négociations climatiques : celui-ci n’interviendra cependant au plus tôt qu’en 2020, et bien que les Etats-Unis ne soient plus moteurs, la seule annonce de leur retrait n’a manifestement et heureusement pas enrayé la dynamique mondiale issue de la COP 21 et de l’Accord de Paris.
Il n’en demeure pas moins que le leadership climatique doit être incarné. L’Union Européenne a affiché son volontarisme à ce sujet, mais dans les faits, on peut regretter que l’ambition ne soit pas exactement au rendez-vous.

Une ambition climatique européenne qui tarde à se traduire dans les faits

La feuille de route de l’Union prévoit une baisse des émissions de 80% d’ici à 2050 par rapport aux niveaux de 1990. En pleine négociation sur le cadre européen à 2030, et alors que les institutions européennes sont péniblement parvenues dans la nuit du 8 au 9 novembre à un accord provisoire sur la réforme du marché de carbone après plus de deux ans de négociations, force est cependant de constater que les instruments mis en place à court-terme, aux horizons 2020-2030, ne sont pas nécessairement cohérents avec l’ambition de long-terme.
A trop repousser le temps de l’action, cette incohérence risque dès lors de compromettre toute possibilité pour l’Union Européenne d’être à la hauteur de son ambition de long-terme.

Pour rehausser l’ambition, l’impérieuse nécessité d’un signal prix du carbone robuste

L’UFE réitère l’importance d’une réforme ambitieuse du marché carbone européen comme outil principal de la décarbonation en Europe.
L’accord provisoire comporte à ce titre plusieurs avancées, que l’UFE a défendues. En particulier, l’UFE a soutenu le doublement du taux d’absorption de la réserve de stabilité, qui passe de 12% à 24% du volume de quotas d’émissions en circulation pour la période 2019-2023. L’UFE accueille également positivement la proposition, portée par le Conseil, qui permet de supprimer les quotas d’émissions dans la réserve au-dessus du volume de quotas mis aux enchères l’année précédente. Cette mesure est une première étape visant à limiter le surplus de quotas, cause majeure du maintien d’un faible prix du carbone en Europe.
Néanmoins, la réforme risque malheureusement d’être insuffisante pour redresser le signal prix du carbone de manière à permettre le déclenchement massif des investissements dans les technologies et solutions bas carbones, pourtant si nécessaires. L’UFE, et l’association européenne Eurelectric, avaient ainsi plaidé en faveur d’un facteur annuel de réduction des quotas de 2.4% (contre 2.2% dans le compromis trouvé), pour rehausser plus rapidement le niveau d’objectif. Le réexamen de ce facteur, prévu « d’ici 2024 au plus tôt », sera une opportunité à ne pas manquer pour garantir un fort signal prix du carbone.
L’urgence climatique impose cependant de ne pas attendre 2024 ni même 2020 pour agir. Espérons que l’Union Européenne saura trouver les clés pour passer à l’action sans plus tarder !

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