L’Energie, une histoire d’hommes…et de femmes

“Le présent n’est pas un passé en puissance, il est le moment du choix et de l’action.” Cette citation de Simone de Beauvoir est certainement à méditer au regard des enjeux qui sont ceux du secteur de l’énergie et des défis qui sont à relever collectivement. L’UFE le demande, les questions d’emplois et de compétences sont au cœur de la transition énergétique et nécessitent qu’un travail soit rapidement engagé avec l’ensemble des acteurs concernés. Parler d’emploi, c’est parler des hommes et des femmes du secteur de l’énergie, de la richesse et de la diversité des profils et donc de l’égalité professionnelle. Le 8 mars, c’est bien sûr tous les jours (« #le8marstoutel’année ») mais également une journée de manifestations à travers le monde. Petit arrêt sur image sur un enjeu de société souvent sensible où les acquis sont fragiles et l’engagement de tous requis.

Un peu d’histoire et quelques chiffres clés

La « journée internationale des femmes » est reconnue officiellement par les Nations Unies en 1977, puis en France en 1982. Le législateur français a joué un rôle majeur dans la reconnaissance de l’évolution des droits des femmes avec l’affirmation d’obligations s’imposant à tous. Sans être exhaustif, quelques évolutions législatives majeures sont à avoir en tête : possibilité pour les femmes mariées de disposer de leur salaire (1907), identité des programmes de l’enseignement secondaire et du baccalauréat pour les filles et les garçons (1924), droit de vote et éligibilité des femmes (1944), inscription du principe de l’égalité entre les femmes et les hommes dans le préambule de la Constitution (1946), principe de l’égalité de rémunération entre les femmes et les hommes (1972), obligation de négocier sur l’égalité professionnelle (loi Génisson de 2001), évolution de la composition des Conseils d’administration (2011), exigence de parité à l’occasion des élections des conseillers départementaux et municipaux (2013), approche globale pour la lutte contre les inégalités entre les hommes et les femmes dans les sphères privées, professionnelles et publiques (2014).

Restent que les chiffres clés relevés en 2016 par le Ministère des familles, de l’enfance et des droits des femmes dans la démarche « le sexisme pas notre genre » montre le chemin qu’il reste encore à parcourir : 16 % des maires sont des femmes, les hommes gagnent en moyenne 19 % de plus que les femmes (secteurs privé et public en salaire recalculés temps plein), les femmes consacrent chaque jour 1h30 de plus que les hommes aux tâches domestiques, 31 % des femmes travaillent à temps partiel contre 7 % des hommes. Enfin, une seule femme dirigeante parmi les entreprises du CAC 40 et c’est dans l’énergie. Bravo à Isabelle Kocher !

Une question qui se pose avec une acuité particulière dans le secteur de l’énergie

L’énergie, comme tous les secteurs à forte dimension technique, est confrontée à la difficulté de réussir à développer une plus grande mixité des équipes dans les métiers techniques. Le management et les filières RH sont par conséquent mobilisés dans le cadre des politiques de recrutement et d’accompagnement des parcours professionnels. Le dialogue social joue également un rôle important. Les négociations collectives de la branche des IEG et d’entreprises traduisent la dynamique engagée et partagée de la nécessité de mener des actions concrètes et mesurables en faveur de l’égalité professionnelle. Le taux de féminisation des effectifs était de 22,3 % en 2002 lors de la 1ère enquête de la branche des IEG, il est aujourd’hui de 27,2%. Le taux de féminisation de la filière technique progresse mais reste peu élevé (14 %) au regard des filières commerciales et tertiaires où les femmes sont majoritaires. De cette répartition des effectifs découlent des différences avec des points d’attention sur lesquels des actions été engagées avec des résultats concrets : la formation, le parcours professionnel et la rémunération.. Un travail plus global sur les stéréotypes et la formation initiale est également indispensable pour attirer les jeunes filles en formation vers des métiers plus techniques et aujourd’hui masculins (et réciproquement pour les filières tertiaires).

Beaucoup d’entreprises du secteur ont par ailleurs créé des réseaux de femmes qui sont très actifs (Energies de femmes, Ex Aequo, Women In Networking…) et permettent le partage d’expériences, le développement de réseaux. Bon nombre de managers et de dirigeants hommes s’impliquent également dans le mentorat, quelle que soit la taille de l’entreprise, et c’est essentiel.

L’égalité professionnelle n’est pas un sujet de femmes pour les femmes

Un travail important et de fond est mené dans les entreprises en lien avec l’éducation nationale, les écoles et des associations (« Elles Bougent » par exemple) pour sensibiliser et promouvoir l’accès des femmes à des métiers techniques ; ce travail participe de l’évolution des mentalités et des stéréotypes et permettra d’obtenir des résultats concrets dans la durée. Les grands progrès sont souvent faits de petites victoires. C’est le cas d’actions emblématiques porteuses de sens, à l’initiative de femmes, ou d’hommes, comme #JamaisSansElles où les participants à des colloques conditionnent leur participation à la présence de femmes lors des tables rondes et refusent de participer si ce n’est pas le cas. Ce n’est pas toujours simple à organiser dans des environnements particulièrement masculins mais c’est aussi avec ce type d’action que les lignes bougent !

La différence, la capacité à mixer les profils dans les équipes est un gage de performance et de penser « pluriel ». C’est incontournable au regard de l’accélération des rythmes des évolutions du secteur et du rôle majeur joué par un consommateur qui est lui aussi pluriel. C’est une richesse et un enjeu de qualité de vie au travail pour chacun.

L’égalité professionnelle est un enjeu de société car ce qui est vrai de l’entreprise est vrai de la société plus globalement. Une multiplicité d’acteurs est à mobiliser pour faire évoluer les stéréotypes ; ils sont nombreux et supposent une prise de conscience avec un travail au quotidien par chacun dans la diversité des responsabilités exercées dans l’entreprise (managers, salariés, syndicalistes), dans la sphère publique (monde de l’éducation, élus) sans oublier les sphères personnelles et familiales.

Ayons conscience du chemin parcouru mais surtout gardons le cap !

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