L’électromobilité sous le feu des projecteurs durant les deux semaines du Mondial de l’Auto

Hier se clôturait la 88ème édition du Mondial de l’Auto à Paris, dans les travées duquel ont déambulé plus d’un million de visiteurs curieux de découvrir les voitures de demain, et notamment les nouveaux modèles électriques des constructeurs. De façon plus générale, que ce soit au sein du Mondial Paris Motor Show, au parlement et au conseil de l’Union européenne ou dans la presse, il ne s’est pas passé un jour sans que la mobilité électrique ne fasse la une. L’UFE revient aujourd’hui sur ces deux semaines d’une importance capitale pour le déploiement de l’électromobilité tant au niveau français qu’européen et les étapes qu’il reste à franchir.

Cette édition 2018 du Mondial de l’Auto, qui marquait les 120 ans d’existence du salon, s’est présentée comme l’édition du véhicule électrique, partagé, connecté et autonome avec pour la première fois un centre d’essais dédié aux véhicules propres, Place de la Concorde, revenant ainsi sur le lieu du tout premier salon de l’Auto en 1898.

Si le véhicule de demain sera connecté, partagé et autonome, il est d’ores et déjà électrique !

Au-delà de Tesla, qui présentait notamment son modèle 3, et de Renault qui ont affiché depuis maintenant quelques années leur engagement pour l’électromobilité, bon nombre de constructeurs ont mis à l’honneur les versions 100 % électriques ou hybrides rechargeables de leurs gammes. C’est le cas du groupe PSA, qui a dévoilé durant ce Mondial pas moins de 6 modèles électriques et réaffirmé l’existence d’une version électrique pour l’ensemble de ses véhicules d’ici à 2025. Ces annonces vont dans le sens des objectifs fixés dans le Contrat Stratégique de filière signé le 22 mai dernier entre la plateforme automobile (PFA) et le gouvernement, et qui prévoit le quintuplement des ventes de véhicules électriques d’ici à 2022.

Outre les évolutions de la chaîne de traction, les constructeurs automobiles ont également affiché un credo fort et révolutionnant pour la mobilité : le véhicule de demain sera partagé et autonome. L’autonomie des véhicules a été symbolisée par la présence de Navya sur le Mondial de l’Auto et les innombrables concept-cars – notamment e-Legend concept du groupe PSA ou le Renault EZ-Ultimo –vedettes du salon. S’agissant du partage, a été annoncé durant le salon le lancement mercredi 10 octobre du service Moov’in Paris développé par Ada location et Renault et basé sur la mise à disposition de véhicules 100 % électriques.

La filière électrique se mobilise pour l’électromobilité et coopère avec la filière automobile

Au-delà des annonces des constructeurs, laissant présager des contours du marché automobile de demain, les acteurs de la filière électrique ont démontré leur engagement à décarboner le transport routier et à promouvoir l’électromobilité, dont le choix est particulièrement pertinent en France où le mix électrique est, et ne cessera d’être largement décarboné1.

Partenaire officiel du Mondial de l’Auto, Engie a présenté, au sein et aux abords du salon, les solutions du groupe pour faciliter l’acquisition de véhicules électriques et l’expérience de l’électromobilité. Enedis, présent sur le salon, a signé mercredi 3 octobre, une convention de partenariat avec la PFA visant à informer et former les parties prenantes sur la mobilité électrique ainsi qu’à contribuer à l’émergence d’un écosystème favorable au développement des véhicules électriques. Enfin, mercredi 10 octobre, durant les « Electric Days », EDF a dévoilé son plan mobilité électrique portant sur la fourniture d’électricité, sur le déploiement d’infrastructures de recharge ou encore sur les solutions de recharge intelligente. EDF s’appuiera sur de nombreux partenariats, notamment avec Renault et Valeo ainsi qu’avec deux start-ups : Nuvve pour la charge intelligente et ubitricity pour les bornes sur lampadaire.

Il revient désormais aux décideurs publics de définir un cadre favorable à la mobilité propre.

Afin de concrétiser les actions des acteurs économiques et permettre d’inscrire le secteur du transport dans une trajectoire de nécessaire réduction des émissions de gaz à effet de serre et, au-delà, d’amélioration de la qualité de l’air, la balle est désormais dans le camp des décideurs publics.

Au niveau européen, les trilogues portant sur le règlement fixant les standards d’émission de CO2 des véhicules particuliers et des véhicules utilitaires légers en 2030, tout comme les votes en cours sur la directive véhicules propres, doivent garantir aux acteurs un cadre engageant en matière de décarbonation du parc automobile européen. Pour cela, l’UFE a rappelé la nécessité d’avoir des objectifs ambitieux en matière de réduction des émissions de CO2, et le rôle central des acquisitions par les acheteurs publics de véhicules propres sur le marché.

Au niveau français, le projet de loi d’orientation des mobilités ainsi que le projet de loi de finances (PLF) 2019, doivent offrir un soutien clair et pérenne au développement du marché de l’électromobilité via notamment des dispositifs de soutien à l’achat de véhicules électriques. Ces dispositifs de soutien doivent aussi bien concerner les particuliers que les professionnels avec, pour ces derniers, notamment l’extension aux véhicules électriques du dispositif de suramortissement jusqu’à lors réservé aux véhicules utilitaires roulant aux biodiesel et GNV. Ce soutien doit également porter sur les infrastructures de recharge, tant publiques que privées, dont le déploiement est une des conditions de réussite de la révolution énergétique dans les transports.

Les deux semaines qui viennent de s’écouler renforcent la conviction de l’UFE : la mobilité de demain sera électrique et la coopération entre les acteurs des filières électrique et automobile devient la clé de tous les succès. C’est pourquoi l’UFE, engagée en faveur de l’électromobilité, renforce sa coopération avec les acteurs de l’industrie automobile dans le cadre de travaux ou d’événements comme la « Route de l’électromobilité » organisée dans le cadre du Mondial. Toutefois, l’avènement de l’électromobilité nécessite également que soit défini un cadre réglementaire favorable et reflétant les enjeux climatiques liés au transport récemment rappelés par le GIEC. Afin de contribuer au débat public autour de la définition de ce cadre, l’UFE publiera dans les jours à venir une note de position portant recommandations sur le projet de LOM.

1. Au regard de la composition du mix électrique, entre 90 % et 95 % de la production d’électricité est décarbonée. Source : RTE

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