Energies Renouvelables : l’électricité tire les filières vers l’avant

Clean Energy Package, PPE, SNBC, Loi pour une société de confiance… Les chantiers sont nombreux en ce début d’année pour le système électrique. Au cœur des enjeux : le développement des énergies renouvelables, l’adaptation des réseaux, mais aussi les volets financement, acceptabilité sur les territoires, simplification…

La France s’est fixé un objectif ambitieux de développement des EnR d’ici à 2020 (23% de sa consommation finale brute d’énergie produite via des EnR). A fin 2017 (soit 3 ans avant l’échéance), la part d’énergies renouvelables s’élève seulement à 15,7%. Mais ces chiffres cachent des réalités bien différentes selon les filières renouvelables.

Développement des EnR : La France est en retard sauf … sur les EnR électriques !

Grâce aux investissements et aux efforts consentis dans le système électrique et en s’appuyant sur un socle solide d’hydroélectricité, les EnR électriques poursuivent leur croissance en respectant peu ou prou la trajectoire (19% réalisés pour 21% attendus, la différence étant imputable essentiellement aux retards de réalisation des premiers parcs éoliens marins). Les EnR thermiques croissent trop lentement, à cause du contexte des finances publiques contraintes sur la dotation au fond chaleur, et surtout d’un prix des énergies fossiles encore trop bas pour que les renouvelables trouvent spontanément une place économique dans les grands réseaux de chaleur urbains. Enfin, des technologies émergentes (biogaz, H2 issu d’hydrolyse, …) doivent progresser plus vite pour passer à une échelle industrielle et apporter une contribution à l’objectif de décarbonation de l’économie française, dont l’urgence ne fait plus débat.

Viser haut, c’est répondre aux attentes de la société

Pour tous, les EnR électriques sont de loin les plus prometteuses. Les trajectoires nécessaires à leur développement pour répondre aux attentes de nos concitoyens exigent un rythme de déploiement inédit à ce jour. Ainsi, RTE estime qu’entre 1,5 et 2GW par an pour chaque filière, éolien terrestre et photovoltaïque, d’ici à 2030 seront nécessaires, ce qui suppose de battre des records d’installation et de maintenir chaque année ces niveaux de performance.
Tous les acteurs ont conscience du défi. Le gouvernement d’abord, qui a multiplié en ce début d’année les initiatives pour fluidifier le développement des projets (en particulier éoliens). Devant le constat navrant que les efforts des industriels s’enlisent dans des procédures et des recours d’une complexité byzantine, le gouvernement a poursuivi la simplification des procédures de recours, sans attenter aux droits des riverains et aux objectifs environnementaux. Certaines mesures ont déjà été traduites dans la loi votée au Parlement à la fin du mois de janvier. Plusieurs groupes de travail ou consultations ont été initiés par le Gouvernement sur l’éolien d’abord, puis sur la méthanisation, et maintenant sur le photovoltaïque. En parallèle, la CRE réfléchit à un cadre permettant le développement de l’autoconsommation.

L’ensemble de l’écosystème EnR électrique se transforme

Pour n’en citer que quelques-uns, après ENGIE en 2016, DIRECT ENERGIE l’an passé, c’est au tour d’EDF d’annoncer des plans d’investissements considérables dans les moyens de production EnR (plusieurs dizaines de milliers de MW). Les dispositions relatives au financement participatif ont été améliorées au cours des années 2016 et 2017 sous l’impulsion des pouvoirs publics, permettant un accès de proximité aux particuliers qui voudraient participer à cette nouvelle aventure industrielle.
Chaque filière affiche ses objectifs de croissance, toutes les pièces du puzzle ont été posées sur la table. Mais pour que l’image se forme, il faut une vision d’ensemble, qui ne peut être portée par des filières isolées. L’UFE, aidée par son approche globale et industrielle, lance des travaux qui permettront d’assembler les pièces du puzzle : une réflexion large pour la limitation des coûts de raccordement des installations de production aux réseaux et une meilleure adaptabilité de ces derniers au développement de plus en plus rapide des moyens de production, mais aussi un travail sur la soutenabilité sur le long terme des investissements dans le système électrique, ou encore un grand chantier de préparation du secteur à l’arrivée du digital pour une économie flexible et décarbonée. Ces travaux feront l’objet d’un dialogue soutenu avec le Gouvernement. C’est le sens d’un courrier co-signé par l’UFE et plusieurs membres et partenaires à Sébastien Lecornu portant un diagnostic partagé entre les producteurs et les gestionnaires de réseau.
Les EnR électriques sont les plus dynamiques des énergies renouvelables et le fer de lance de la transition énergétique. Leur développement demande l’ouverture de nombreux chantiers. L’année 2018 sera déterminante pour une prise de conscience partagée des changements. De la même manière qu’une baisse immédiate et massive de la capacité nucléaire est maintenant considérée comme peu réaliste par tous, la mise en place rapide de grandes capacités EnR demandera la mobilisation de tous les acteurs, dont bon nombre sont rassemblés à l’UFE. Gageons que l’année 2018 sera l’année de la consolidation d’un consensus énergétique articulé autour d’une décarbonation urgente et pragmatique de notre économie.

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