Mobilité : en route pour les Assises

Trente-cinq ans après la loi d’orientation des transports intérieurs (loi LOTI), les Assises de la Mobilité débutent cette semaine sous le haut patronage d’Elisabeth Borne, Ministre en charge des transports. Cette grande concertation publique, qui permettra de « préparer les grands choix en matière de politique des mobilités », doit avoir l’ambition d’éclairer les défis majeurs de la mobilité de demain, mais aussi d’après-demain afin que la loi soit un succès complet. Il est donc primordial de se projeter non seulement sur les besoins et les exigences à satisfaire, mais aussi sur les technologies qui seront alors disponibles. Les infrastructures de transport représentant des investissements sur des temps longs, une loi d’orientation qui manquerait d’imagination risquerait la sortie de route…


La mobilité de demain devra continuer de répondre à un enjeu déjà fondamental hier : la loi LOTI disposait dès 1982 que le droit au transport devait permettre aux usagers « de se déplacer dans des conditions raisonnables d’accès, de qualité et de prix ainsi que de coût pour la collectivité ». La croissance démographique française combinée à l’évolution des déplacements individuels devrait engendrer une hausse de la demande de mobilité dans les prochaines années. Il faudra pouvoir répondre à cette demande, tout en respectant sa dimension économique : celle-ci continue de revêtir une importance particulièrement forte puisque l’INSEE considère que près de 3 millions de ménages éprouvent encore des difficultés économiques à se déplacer.

Les défis de la mobilité s’accumulent…

De surcroît, de nouveaux enjeux sont devenus prépondérants depuis lors. En particulier, la mobilité doit relever les défis de la santé publique et du climat : la pollution de l’air associée au transport est à l’origine de plus de 40 000 décès prématurés et représente un coût pour la société française de l’ordre de 20 à 30 Md€ par an. Le secteur transport est aussi à l’origine de 40 % des émissions de carbone françaises, le classant premier secteur émetteur de CO2 en France. Le succès des politiques de la mobilité sera désormais jugé à l’aune de ces nouveaux indicateurs.

…mais les nouvelles technologies aussi !

Face à ces défis, de nouvelles solutions techniques et sociétales sont apparues ou vont émerger. Tout d’abord le véhicule électrique représente l’alternative aux moteurs thermiques la plus mâture pour réduire les émissions de CO2 et améliorer la pollution de l’air. Mais il ne serait pas juste de réduire la mobilité de demain à cette seule technologie. La numérisation progressive du secteur du transport est en passe de bouleverser les usages et les modèles économiques. La disponibilité de la conduite « autonome » est annoncée pour la prochaine décennie, avec pour conséquence un probable essor de l’autopartage. Ces évolutions sont en mesure de révolutionner complètement non seulement le secteur des transports, mais aussi celui de l’urbanisme, par exemple.
Il est essentiel de comprendre que la mobilité de demain sera conditionnée par l’offre de transport. En ce sens, la réalisation d’un travail exploratoire sur ce que pourraient être les technologies du transport dans les dix ou quinze prochaines années semble un prérequis incontournable à un projet de loi d’orientation des mobilités. La réalisation de ce travail devra être menée au niveau européen, puisque la mobilité ne s’arrête pas aux frontières nationales.

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