Climat et efficacité énergétique dans l’industrie : une équation à résoudre

Vendredi dernier se tenait à Marseille le Forum de l’Industrie de demain : les enjeux associés à la prise en compte de l’industrie dans les politiques publiques énergétiques et climatiques ont notamment été évoqués. L’occasion pour l’UFE de revenir sur un secteur qui semble encore chercher sa place dans la mise en œuvre de la transition énergétique.
Souvent reléguée au second plan des débats associés à la politique énergétique nationale, derrière le bâtiment et le transport, l’industrie n’en représente pas moins 20 % de la consommation d’énergie finale du pays.

L’efficacité énergétique, un enjeu de compétitivité pour notre industrie

S’engager dans une démarche d’efficacité énergétique présente pour les entreprises des avantages significatifs. Elle peut conduire à limiter les postes de dépenses associés aux consommations énergétiques, améliorer la compétitivité des acteurs qui la mettent en œuvre …
Le secteur de l’industrie a un rôle important à jouer dans l’atteinte des objectifs de la transition écologique. L’ADEME estime qu’en dépit des efforts déjà réalisés, l’industrie pourrait encore faire progresser son efficacité énergétique de 20 % d’ici 2030, sous réserve de consacrer une part plus importante de son activité au développement de solutions technologiques nouvelles, et notamment d’équipements innovants améliorant la performance énergétique de sites industriels.
Pourtant, comme le soulignait récemment la DGE , la filière de l’efficacité énergétique dans l’industrie ne connaît pas l’essor attendu. Actions de performance énergétique engagées de façon ponctuelle, absence de réelle stratégie de long terme, les actions des industriels en termes d’efficacité énergétique sont souvent reléguées au second plan, derrière d’autres enjeux.

Renforcer les outils d’efficacité énergétique destinés aux industriels

Depuis 2015, l’obligation, pour les grandes entreprises, de réaliser un audit énergétique, permet aux industriels d’affiner la connaissance de leur performance énergétique.
Il ne s’agit cependant là que d’une étape, et il est à présent nécessaire de mobiliser tous les outils à même d’encourager l’efficacité énergétique et de faciliter l’accès aux gisements d’économie d’énergie dans l’industrie. A ce titre, les Contrats de Performance Energétique (CPE), qui permettent de réduire l’incertitude des acteurs économiques quant aux économies d’énergie générées par les actions qu’ils engagent, doivent être davantage mis en avant par les pouvoirs publics.

Il est par ailleurs indispensable d’améliorer la fiabilité et la transparence du dispositif des Certificats d’Economies d’Energie (CEE), afin de favoriser leur développement sur le périmètre du secteur industriel. L’UFE se mobilise en ce sens auprès des pouvoirs publics afin d’accélérer le rythme de publication de nouvelles fiches CEE et de mettre en œuvre rapidement l’élargissement du dispositif aux sites soumis à ETS (mécanisme européen des quotas d’émissions de CO2).

Neutralité carbone de l’industrie, une étape à franchir

A l’origine d’un cinquième des émissions de CO2 sur le territoire national, l’industrie peut être un fer de lance de l’atteinte de l’objectif de neutralité carbone en 2050. C’est pourquoi il est essentiel de soutenir, voire de renforcer le prix européen du carbone sur le marché EU ETS afin de faciliter l’équilibre économique des solutions et opportunités de décarbonation. 85 % des émissions industrielles étant soumises au marché européen des quotas, un signal prix du CO2 élevé associé à des mesures de protection de nos industries contre un dumping climatique apparaît comme un levier indispensable sur le chemin de la décarbonation.

Les solutions sont en principe disponibles pour beaucoup de secteurs : électrification bas carbone des usages thermiques, développement de l’hydrogène issu de l’électrolyse de l’eau en remplacement de l’hydrogène gris, meilleure valorisation de la chaleur fatale, recours à la biomasse, stockage du carbone ... Afin d’éviter les investissements échoués et d’inciter les industriels à réaliser dès à présent des gestes vertueux pour le climat, l’UFE appelle à ce que les dispositifs d’efficacité énergétique mis en place incitent également à la substitution des combustibles fossiles par des énergies moins émettrices.

Fortement pourvoyeuse d’emplois et créatrice de valeur en France et à l’international, l’industrie française est un atout qui peut et doit contribuer à propulser le pays dans une dynamique vertueuse en énergie et en carbone et en emplois. C’est sur ces enjeux que sont mobilisés le Conseil National de l’Industrie (CNI) et ses différents comités de filière, dont l’un d’eux consacré aux nouveaux systèmes énergétiques. L’UFE sera présente au sein de ces instances de dialogue afin d’élaborer des solutions envoyant des signaux clairs et de long terme aux industriels, pour qu’ils puissent s’engager pleinement dans le développement de stratégies bas carbone.

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