Bâtiment : la France au pied du mur

Lancée lundi dernier par le gouvernement et l’ADEME, la campagne FAIRE de mobilisation pour la rénovation énergétique des bâtiments va dans la bonne direction : celle de partir en premier lieu des préoccupations des citoyens. Mais ce n’est qu’un premier pas, car en matière de lisibilité et de cohérence des politiques publiques dans le bâtiment, il reste énormément de progrès à FAIRE…

Faciliter, Accompagner et Informer pour la Rénovation Énergétique : tel est le mot d’ordre de la campagne FAIRE. Avec le slogan « tous éco-confortables », l’ambition est de fédérer les acteurs autour des bénéfices liés à la rénovation énergétique, au premier rang desquels l’amélioration du confort et les économies de dépenses énergétiques. L’UFE souscrit pleinement à cette ambition de se centrer autour des occupants des logements et de leurs aspirations.

CITE, CEE, DPE : des outils encore trop peu lisibles et trop peu efficaces

L’UFE l’avait déjà souligné en février dans sa réponse à la consultation publique sur le plan de rénovation énergétique, il est indispensable de rendre l’ensemble du cadre fiscal et réglementaire plus cohérent et plus compréhensible pour les particuliers.
La transformation du Crédit d’Impôt pour la Transition Énergétique (CITE) en prime est une bonne idée, mais force est de constater les incertitudes budgétaires qui pèsent sur son application dès 2019. En tout état de cause, l’UFE rappelle sa conviction que les incitations fiscales doivent cibler les gestes les plus efficaces à la fois en économie d’énergie et en économie de gaz à effet de serre, ce qui n’est toujours pas le cas…

Les Certificats d’Économie d’Énergie (CEE), eux, souffrent d’un grave problème d’appropriation par les consommateurs alors qu’ils pèsent environ 3 milliards d’euros par an sur leurs factures d’énergie. De plus, alors que les moyens financiers qu’ils représentent dépassent désormais ceux du CITE, de très forts doutes existent sur la capacité collective à atteindre les objectifs d’économie d’énergie qui leurs sont fixés d’ici 2020. L’UFE continue à plaider avec de nombreux autres acteurs pour la création d’un groupe de travailqui, à l’instar de ceux mis en place par le gouvernement sur les différentes énergies renouvelables, ferait le point avec l’ensemble des parties prenantes sur les retards accumulés et les freins à lever pour les rattraper.

Enfin, le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) est loin d’accomplir son rôle de sensibilisation vis-à-vis des occupants des logements. Trop peu fiable, avec jusqu’à 3 classes d’écart selon les diagnostiqueurs pour un même logement, et exprimé dans une unité conventionnelle sans réalité pour le consommateur, l’énergie primaire, alors que les factures s’appuient sur la consommation en énergie finale, cet outil est le grand absent de la communication autour des gisements d’économies d’énergie dans le bâtiment.

Et le carbone dans tout ça ?

Il y a urgence à agir car la France n’est pas sur la bonne trajectoire d’efficacité énergétique et encore moins sur celle de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre (GES). Alors que la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) en cours de révision acte le retard pris sur la réduction des émissions de GES et toute la difficulté qu’il y aura à atteindre la neutralité carbone en 2050, l’observatoire climat-énergie, développé par le Réseau Action Climat et le CLER-Réseau pour la transition énergétique, souligne que le secteur du bâtiment est le plus en retard de tous par rapport à ses objectifs climatiques : +23% au-dessus de sa cible 2017.
Un constat lucide s’impose donc : si rien ne change pour une meilleure prise en compte du critère carbone dans la politique énergétique, et en particulier dans la politique du bâtiment, la France ne pourra pas tenir les engagements de l’accord de Paris.
Il reste donc beaucoup à FAIRE et, probablement en premier lieu, simplifier et rationaliser l’ensemble des dispositifs de soutien afin que les démarches d’éco-confort soient cohérentes avec la politique énergétique et climatique.

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