2018 : UNE RENTREE ELECTRIQUE ?

Coup de tête ? Décision mûrement réfléchie ? Si elle n’est pas inattendue en tant que telle, la démission de Nicolas HULOT Ministre en charge de l’écologie et du climat a tout de même surpris. En attendant la désignation mardi de son successeur, on s’interroge sur les différents profils potentiels, on parle de redéfinir la fonction, d’en élargir le périmètre, mais que deviendront les chantiers énergétiques en cours ?
En ce mois de septembre, le gouvernement entame sa deuxième rentrée politique ; une rentrée chargée sur le plan social qui ne doit en aucun cas obérer les dossiers prioritaires des mois à venir en matière d’énergie et de climat. 2018 : une rentrée électrique ? L’UFE fait le point sur les débats susceptibles de l’occuper.

Exercice de vérité sur les tendances énergétiques qui seront engagées aux horizons 2023 et 2028, la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) est LE grand chantier énergétique de ce dernier trimestre 2018 couplé à celui de la définition d’une stratégie bas carbone. Si, conformément à l’obligation légale introduite dans la Loi de transition énergétique pour une croissance verte (LTECV), cette dernière a fait l’objet d’un large débat public, il est encore difficile, à ce stade, d’en entrevoir les contours.
Des contours que l’UFE a vu avec satisfaction élargis à la dimension socio-économique de la transition énergétique. Cette dimension a fait l’objet d’une attention toute particulière, notamment dans le cadre d’une mission confiée à Laurence PARISOT, dont les conclusions sont attendues courant octobre. Forte de l’étude conduite en 2017 et représentative de la diversité des métiers de ses adhérents, qui sont ancrés dans l’ensemble des territoires, l’UFE s’inscrit en contribution active des différentes réflexions menées par le gouvernement pour réussir la mise en œuvre d’une politique d’efficacité climatique à même de stimuler la croissance et l’emploi.

QUELLE TRADUCTION LEGISLATIVE DES AMBITIONS GOUVERNEMENTALES ?

Car pour le moment, malgré les efforts déployés par le gouvernement dans les secteurs les plus émetteurs que sont le bâtiment et les transports, la France ne s’inscrit toujours pas dans une trajectoire satisfaisante de réduction de ses émissions carbone.
Côté bâtiment, les initiatives telles que le plan de rénovation énergétique et le projet de loi portant évolution du logement, de l’aménagement et du numérique (ELAN), pourraient porter leurs fruits et faire progresser le secteur en question vers la décarbonation.
Côté mobilité, l’horizon paraît moins distinct tant la loi d’orientation sur les mobilités (LOM) semble rencontrer des difficultés à émerger. Prévue initialement au premier trimestre 2018 et décalée à plusieurs reprises, la LOM ne serait discutée en conseil des ministres que courant octobre, pour un examen législatif prévu début 2019. Un phénomène d’encombrement qui n’empêche pas les acteurs du secteur de réfléchir à ce que sera la mobilité de demain. C’est dans cette perspective que s’inscrit le groupe de travail « objectif 2040 », qui réunit l’UFE, l’AVERE et la filière automobile ; le CCFA, le CNPA, et la PFA, et la filière hydrogène avec l’AFHYPAC, afin de réfléchir à une feuille de route intégrant les enjeux de l’objectif annoncé par le gouvernement de la fin de la vente en 2040 des véhicules émettant des gaz à effet de serre.
Quant au développement des énergies renouvelables (EnR), enfin, les efforts du secrétariat d’Etat de Sébastien LECORNU semblent payer, avec notamment la mise en place du permis enveloppe dans l’éolien, symbole d’une démarche globale de simplification du droit des renouvelables. Là encore, l’UFE est présente, aux côtés des pouvoirs publics et grâce à l’expertise de ses adhérents, pour poursuivre cette démarche, tout en rappelant que sa réussite ne peut être décorrélée d’une association étroite des acteurs des territoires.
Attendu comme chaque année pour la mi-octobre, le projet de loi de finances pour 2019 sera une jauge intéressante des ambitions climatiques. Cette année encore, l’UFE insistera sur le besoin de visibilité des acteurs industriels et sera force de propositions afin que les dispositifs fiscaux soient cohérents avec les objectifs de l’ambition climatique de notre pays.

ET LE CONSOMMATEUR DANS TOUT ÇA ?

Alors que le pouvoir d’achat des ménages doit être préservé, la rentrée 2018 sera également l’occasion d’effectuer une évaluation du dispositif du chèque énergie, mis en place sur tout le territoire national depuis janvier dernier, et dont le montant devrait augmenter. A contrario, les décisions qui ont pour conséquence d’augmenter la facture des consommateurs persistent, en particulier les certificats d’économies d’énergie (CEE), dont il est urgent d’évaluer précisément l’efficacité et d’améliorer la contribution réelle aux ambitions en matière d’efficacité énergétique.

De cet inventaire des chantiers énergétiques qui de la rentrée 2018, nous pouvons tirer deux constats. Le premier, celui de la multiplicité et de l’ampleur des défis à relever. Le second, celui de la continuité de l’action écologique, qui s’inscrit dans le temps long et nécessite pour autant des succès rapides et palpables, notamment sur la question climatique. En outre le deuxième semestre 2018 sera marqué par la finalisation du Clean Energy Package sous la présidence autrichienne et la préparation des élections européennes .

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